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Le chef du Comité olympique polonais arrêté dans une enquête de corruption liée aux cryptomonnaies

Le président du Comité olympique polonais, Radoslaw Piesiewicz, a été interpellé jeudi dans une enquête pour corruption. Il est soupçonné d’avoir favorisé la plateforme Zondacrypto dans l’attribution de contrats de sponsoring. [Mateusz Birecki / NurPhoto / NurPhoto via AFP]

Le président du Comité olympique polonais, Radoslaw Piesiewicz, a été interpellé jeudi dans une enquête pour corruption. Il est soupçonné d’avoir favorisé la plateforme Zondacrypto dans l’attribution de contrats de sponsoring.

Le président du Comité olympique polonais (PKOl) a été interpellé jeudi dans le cadre d'une enquête pour une vaste affaire de corruption liée aux cryptomonnaies, a indiqué une source judiciaire à l'AFP. Radoslaw Piesiewicz est soupçonné d'avoir perçu une contrepartie financière à l'octroi par le PKOl de contrats de sponsoring et de promesses d'influence au bénéfice de la plateforme d'échanges de cryptomonnaies Zondacrypto, qui a depuis cessé ses activités. Le gouvernement accuse cette plateforme de liens avec l'opposition nationaliste, la mafia et les services secrets russes. 

L'arrestation de Radoslaw Piesiewicz a été confirmée par le ministre polonais des Sports, Jakub Rudnicki. "Radoslaw Piesiewicz a été arrêté. Une telle personne n'aurait jamais dû être président du Comité olympique polonais (...) Piesiewicz a discrédité l'olympisme polonais et exploité l'image des sportifs polonais", a écrit le ministre sur X. Le ministre de l'Intérieur, Marcin Kierwinski, a de son côté estimé que le mis en cause était un "symbole de la corruption extrême qui gangrène le mouvement olympique", rappelant qu'il avait été soutenu pour son élection à ce poste par le principal parti d'opposition Droit et Justice (PiS, nationaliste), au pouvoir de 2015 à 2023. 

Radoslaw Piesiewicz aurait reçu en cadeau du chef de Zondacrypto

Radoslaw Piesiewicz est tenu personnellement responsable de la signature au nom du PKOl d'un accord de sponsoring avec Zondacrypto, en vertu duquel les sportifs bien classés aux Jeux olympiques d'hiver de Milan-Cortina devaient être récompensés avec de la cryptomonnaie. Ces versements se sont avérés aléatoires. La grande majorité des fédérations sportives de Pologne appellent depuis avril, sans succès, à la démission du patron du Pkol en raison de ses contacts avec Zondacrypto. 

Selon les médias polonais, Radoslaw Piesiewicz aurait reçu en cadeau du chef de Zondacrypto, Przemyslaw Kral, une montre d'une valeur estimée à 40.000 euros, ce qu'il dément, affirmant avoir payé lui-même ladite montre. Toujours selon les médias, Przemyslaw Kral aurait commencé a coopérer avec la justice polonaise, dans l'espoir d'obtenir le statut de témoin à charge afin de voir sa peine atténuée au bout du procès en vue. 

Le parquet général cite le nom de Radoslaw Piesiewicz parmi d'autres personnalités publiques de droite nationaliste soupçonnées dans l'affaire Zondacrypto, notamment l'ancien ministre de la Justice et Procureur général Zbigniew Ziobro, enfui aux Etats-Unis, et son vice-ministre, Marcin Romanowski, soupçonné d'avoir trouvé refuge en Transnistrie. 

Le parquet enquête aussi sur les liens de Zondacrypto avec la chaîne de télévision nationaliste Republika et avec les organisateurs de la conférence des milieux conservateurs américains CPAC (Conservative Political Action Conference) qui s'est tenue en mai 2025 en Pologne, juste avant le second tour de l'élection présidentielle polonaise remportée par le favoris de Donald Trump, le nationaliste Karol Nawrocki.