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Gianni Infantino : comment le président de la FIFA pourrait être contraint de quitter son poste

Deux semaines ont passé et l'ex-secrétaire général de l'UEFA, arrivé à la tête de la Fifa en 2016, est désormais dans les cordes. [Brendan SMIALOWSKI / AFP]

Gianni Infantino traverse la plus grave crise de sa présidence. Après le retrait de son projet controversé d'ouverture des compétitions de la Fifa aux investisseurs privés, le patron du football mondial fait face à une fronde inédite. Au point de pouvoir être destitué ? Éléments de réponse.

Il y a deux semaines, Gianni Infantino était sur le toit du monde, porté par le succès planétaire de la Coupe du monde nord-américaine. Après l'échec de son projet de réforme de la Fifa, le patron du football mondial semble aujourd'hui fragilisé comme jamais.

Imperméable aux critiques pendant ce tournoi hors norme, Gianni Infantino semblait intouchable, prêt à poursuivre son règne sans opposition après ce qu'il considère comme "la meilleure Coupe du monde de l'histoire". La plus rentable, aussi, avec près de 15 milliards de dollars de revenus générés, 6,6 millions de spectateurs dans les stades et des records d'audiences télévisées.

Deux semaines ont passé et l'ex-secrétaire général de l'UEFA, arrivé à la tête de la Fifa en 2016, est désormais dans les cordes. Lâché par certains de ses plus proches soutiens, il a été contraint de renoncer à son projet d'ouvrir les Coupes du monde aux investisseurs privés, une ligne rouge pour une grande partie des acteurs du football mondial.

Il n'aura fallu que quelques jours après l'annonce, mardi, de ce projet qui a provoqué un tollé pour que l'Italo-suisse chute du piédestal qu'il avait mis près de dix ans à gravir. Mais concrètement, Gianni Infantino peut-il être destitué ?

Une union de 20% des fédérations

Après s'être mis à dos plusieurs fédérations continentales, à commencer par l'UEFA, le président de la Fifa voit désormais son avenir à la tête de l'instance être ouvertement questionné. Les statuts de la Fifa prévoient un mécanisme permettant de remettre en cause le mandat de son président. Pour enclencher la procédure, au moins un cinquième des 211 fédérations membres doivent demander par écrit la convocation d'un Congrès extraordinaire, en précisant que celui-ci devra notamment se prononcer sur son maintien en fonction. Concrètement, le soutien de 43 associations nationales suffit pour lancer ce processus.

Si ce seuil est atteint, la Fifa dispose d'un délai maximal de trois mois pour réunir ce Congrès. L'UEFA, qui rassemble à elle seule 55 fédérations, pourrait donc théoriquement obtenir cette réunion si ses membres agissaient d'une seule voix. Les représentants des 211 associations seraient ensuite appelés à voter. Une majorité simple déciderait alors de l'issue du scrutin : Gianni Infantino conserverait son poste si plus de la moitié des suffrages lui étaient favorables, mais il serait révoqué si une majorité se prononçait contre lui.

Autrement dit, la destitution de Gianni Infantino est juridiquement possible. Mais elle suppose d'abord qu'un nombre suffisant de fédérations obtienne la tenue d'un Congrès extraordinaire, avant de convaincre une majorité des membres de la Fifa de voter en faveur de son départ.

Une confiance perdue

Pour rappel, plusieurs instances se sont élevées contre ce projet controversé. Le président de la Fifa, Gianni Infantino, a "perdu la confiance" de l'UEFA et de "nombreux autres membres de la famille du football", a affirmé samedi la puissante confédération européenne après avoir obtenu le retrait du projet d'ouverture des compétitions internationales à des investisseurs privés.

De son côté, la Concacaf, qui regroupe les fédérations de football d'Amérique du Nord, a réclamé samedi une "mise à plat complète" de la gouvernance de Gianni Infantino après le retrait de son projet. Ce dernier est "le symptôme d'une gouvernance qui a cessé de placer le football au premier plan" et agit "en dehors de tout cadre et sans transparence, consultation ni procédure régulière", écrit la Concacaf dans un communiqué.

À force de vouloir s'approcher trop près des étoiles, Gianni Infantino pourrait finir par se brûler les ailes. Son ambitieux projet de réforme, censé renforcer le pouvoir économique de la Fifa, pourrait finalement ouvrir la voie à une procédure capable de mettre en péril... son propre mandat.