France-Colombie : mais que s'est-il passé ?

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Varane, Kanté et Lloris (1280x640) FRANCK FIFE / AFP
Varane, Kanté et Lloris saluent les supporters des Bleus à l'issue de la défaite face à la Colombie, vendredi. © FRANCK FIFE / AFP
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Après avoir mené 2-0, l'équipe de France a été battue 3-2 par la Colombie, vendredi soir, à Saint-Denis. De quoi se poser des questions.

On ne sait pas ce qui marquera cette année 2018, année de Coupe du monde, mais elle a fort mal commencé pour les Bleus, battus vendredi soir en match amical par la Colombie (3-2), dans un Stade de France rendu festif par la présence de plusieurs milliers (dizaines de milliers ?) de supporters colombiens. Et pourtant, les hommes de Didier Deschamps ont mené 2-0 après avoir semblé maîtriser les débats.

C'était avant que les coéquipiers de Radamel Falcao ne reviennent rapidement au score, d'abord, avant de tout renverser lors d'une deuxième période presque à sens unique… La question que tout le monde se pose : mais que s'est-il passé ?

"Panne de courant". Premier à plancher sur la chose, évidemment Didier Deschamps. "On a fait une première mi-temps, surtout une première demi-heure, de très grande qualité, avec beaucoup de tout, de mouvement, d'agressivité, de justesse, d'efficacité", a plaidé le sélectionneur en conférence de presse. "On prend ce but sur une demi-occasion. Même si le dernier quart d'heure était un peu moins étincelant, on était là. En deuxième mi-temps, panne de courant, comme on dit… Les ingrédients n'étaient pas là. L'équipe colombienne avait cette fibre accrocheuse, ne lâchait rien. Indépendamment des erreurs, dans les intentions, on n'était pas là. Là-dessus ils nous ont donné une leçon." C'est sévère, mais juste. Les Bleus, menant 2-0, ont ensuite totalement perdu le fil, sans jamais donner le sentiment qu'ils voulaient le tenir. "On a peut-être fait preuve de suffisance, le haut niveau ne pardonne pas. Eux ont mis plus, nous un peu moins, et tout de suite on voit la différence."

"Surtout dans l'attitude". Le capitaine des Bleus, Hugo Lloris, est sur la même longueur d'ondes que son sélectionneur. "On a fait une bonne demi-heure et puis à 2-0, on a commencé à faire un petit moins d'efforts. À ce niveau-là, on ne peut pas. C'est un problème d'ensemble. C'est surtout dans l'attitude où on se doit de faire plus en termes d'énergie et de coeur. Il y a plein d'enseignements. Et on peut regarder ce qu'a fait la Colombie. Elle a peut-être un peu moins de talent, mais c'est une vraie équipe qui joue très bien, qui est bien en place."

N'Golo Kanté, l'un des meilleurs Bleus vendredi soir - mais à l'origine de la perte de balle sur l'égalisation -, a admis que les Colombiens avaient été "plus agressifs". "Ils nous ont poussé à la faute", a estimé le joueur de Chelsea. C'est bien que les Bleus s'en aperçoivent maintenant parce qu'à la Coupe du monde, le programme est salé en termes d'intensité de jeu : l'Australie, le Danemark et le Pérou, leurs adversaires au premier tour, sont des équipes physiques. "On ne peut pas se reposer sur ses lauriers et baisser de pied comme ça, surtout dans les valeurs qui sont les nôtres en temps normal et qui sont primordiales dans le foot et surtout dans ce genre de match de très haut niveau : l'engagement, l'agressivité, la détermination sont des ingrédients indispensables pour réussir", a admis également Olivier Giroud, premier buteur vendredi dès la 11e minute de jeu.

"On connaît Sidibé…". Engagement, agressivité, détermination, c'est vrai. Mais n'y a-t-il pas d'autres carences, aussi, qui sont remontées à la surface ? C'est ce que pense notre consultant, Raymond Domenech. "Ce qu'on avait fait pendant une demi-heure, avec Mbappé, Griezmann, Giroud, Kanté, c'est du très haut niveau. Après, les défauts des Bleus, on les connaît aussi. On connaît Sidibé et sa tendance à attaquer plus qu'à ne défendre. On peut mettre l'un ou l'autre, changer (les joueurs), on aura toujours les mêmes problèmes et donc toujours les même interrogations. Cette équipe de France doit être capable de se sublimer pour gommer les fautes qu'on a vues d'aujourd'hui (vendredi)." Se sublimer, la France est capable de le faire. Elle l'avait fait face aux Pays-Bas (4-0), contre l'Angleterre (3-2 à dix contre onze), mais elle a du mal à le faire sur la durée, alternant toujours autant le bon et le moins bon, d'un match à l'autre et parfois, comme vendredi soir, au sein d'un même match.

"Caractère de Mondial". Et le sélectionneur de la Colombie, José Pekerman, quel est son avis sur le déroulement du match de vendredi ? "La première période a été compliquée : en tant que visiteur dans ce stade, c'est difficile d'entrer dans le match, et la France a montré son meilleur visage, celui d'une équipe candidate à la victoire à la Coupe du monde", a-t-il expliqué. "Mais en acceptant cette situation, on a compris ce qu'il fallait travailler pour montrer ce qu'est l'équipe de Colombie, et on est entré de meilleure manière en seconde période, avec des mouvements, des changements de positions qui ont aidé à améliorer notre confiance, et nous avons eu des comportements excellents." Le technicien colombien a résumé : "Mon équipe a eu un caractère de Mondial." La France a un peu moins de trois mois pour en acquérir un.