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FIFA : «Pour certains, la méthode employée par Gianni Infantino relève du trafic d’influence», dénonce Romain Molina

Invité de la matinale d’Europe 1-CNEWS ce jeudi 30 juillet, le journaliste d’investigation Romain Molina est revenu sur le projet controversé de Gianni Infantino visant à ouvrir une partie des activités commerciales de la FIFA à des investisseurs privés. [Selcuk Acar / ANADOLU / Anadolu via AFP]

Invité de la matinale d’Europe 1-CNews ce jeudi 30 juillet, le journaliste d’investigation Romain Molina est revenu sur le projet controversé de Gianni Infantino visant à ouvrir une partie des activités commerciales de la FIFA à des investisseurs privés. 

Un projet qui provoque un véritable séisme dans le football mondial. Gianni Infantino souhaiterait créer une société commerciale regroupant une grande partie des activités économiques de la FIFA, notamment les droits télévisés, le marketing, le merchandising et les compétitions. Près de 20% du capital pourraient ensuite être ouverts à des investisseurs privés. 

Invité de la matinale d’Europe 1-CNEWS, Romain Molina a surtout pointé du doigt l’opacité entourant cette opération. Selon le journaliste d’investigation, les fédérations affiliées n’auraient découvert le projet qu’après la publication d’une enquête du quotidien britannique The Times

"Il n’a mis personne au courant", a-t-il dénoncé, affirmant que Gianni Infantino avait notamment travaillé sur cette hypothèse avec des membres de l’administration américaine et des proches de Donald Trump. 

Jusqu’à 40 millions de dollars 

Pour obtenir le soutien des 211 fédérations membres, la FIFA leur aurait demandé de se prononcer avant le 19 septembre. Mais aucun vote formel ne serait prévu : les fédérations devraient simplement indiquer si elles soutiennent ou non le projet. 

Surtout, les sommes promises ne seraient pas identiques selon leur réponse. "Si vous acceptez, on vous donnera 40 millions de dollars. Si vous refusez, c'est 10 millions", a résumé Romain Molina. Une différence considérable, particulièrement pour les plus petites fédérations, dont les ressources dépendent largement des aides distribuées par l’instance internationale. Une méthode qui suscite de lourds soupçons. "Pour certains, c’est en effet du trafic d’influence", a estimé le journaliste, alors qu’une nouvelle élection à la présidence de la FIFA doit se tenir dans les prochains mois. 

"La FIFA va très bien économiquement" 

Romain Molina conteste également la nécessité économique de faire entrer des investisseurs privés. La future société serait potentiellement valorisée à 20 milliards de dollars, alors que la FIFA dispose déjà de revenus très importants grâce à ses compétitions internationales. "La FIFA va très bien économiquement. Il n’y a pas besoin de faire une levée de fonds", a-t-il souligné. 

L’institution est par ailleurs constituée sous la forme d’une association à but non lucratif, ce qui rend cette évolution encore plus contestée. Selon les informations évoquées par le journaliste, Gianni Infantino pourrait conserver un rôle majeur au sein de la nouvelle structure commerciale, y compris après son départ de la présidence de la FIFA. Il pourrait notamment devenir commissionnaire et percevoir plusieurs dizaines de millions de dollars par an.