À trois ans et demi des Jeux olympiques d'hiver 2030, le projet français traverse une nouvelle zone de turbulences. Après les départs successifs de Cyril Linette et Edgar Grospiron, le comité d'organisation doit désormais trouver un nouveau président, tandis que plusieurs dossiers restent à régler.
À moins de quatre ans des Jeux olympiques d'hiver 2030, la France cherche encore sa vitesse de croisière. Depuis plusieurs mois, le Comité d'organisation des Jeux olympiques et paralympiques (Cojop) des Alpes 2030 est secoué par une crise de gouvernance qui vient de provoquer le départ de son président, Edgar Grospiron.
L'ancien champion olympique de ski acrobatique a démissionné jeudi 10 septembre, après 19 mois à la tête du comité. Il a expliqué que "les conditions n'étaient plus réunies" pour poursuivre l'aventure. Les différentes parties prenantes, dont l'État, les régions et les comités olympique et paralympique, avaient progressivement perdu confiance en lui.
Deux dirigeants partis en quelques mois
Edgar Grospiron n'est pas le premier dirigeant à quitter le navire. En février dernier, son directeur général Cyril Linette avait lui aussi démissionné, évoquant des "désaccords insurmontables" avec le président du Cojop. Avant lui, plusieurs cadres avaient déjà quitté leurs fonctions, dont la directrice des opérations et le directeur de la communication.
La crise s'est encore aggravée durant l'été. Lors d'une réunion du bureau exécutif fin juillet, Edgar Grospiron aurait tenté d'imposer deux proches à des postes importants, malgré les réserves de plusieurs membres du comité. La réunion s'est déroulée dans un climat particulièrement tendu et le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes, Fabrice Pannekoucke, a quitté la séance. Quelques semaines plus tard, le départ d'Edgar Grospiron était acté.
Le comité d'organisation doit désormais tourner la page. Depuis lundi 14 septembre, son directeur général Vincent Roberti assure la présidence par intérim, le temps de trouver un successeur. Une solution censée garantir la continuité du projet, alors que la désignation d'un nouveau président pourrait prendre plusieurs semaines.
Le CIO arrive dans un contexte électrique
La visite du CIO cette semaine intervient donc à un moment particulièrement délicat pour le projet français. L'organisation internationale doit à la fois suivre l'avancée des infrastructures et observer une gouvernance qui vient de perdre son deuxième dirigeant en quelques mois.
Le calendrier, lui, avance. La carte des sites a été officialisée en juin et plusieurs étapes ont été franchies, notamment avec l'arrivée d'EDF comme premier partenaire des Jeux. Mais les difficultés de gouvernance ont régulièrement éclipsé ces avancées.
Pour les organisateurs, l'enjeu est désormais de sortir de cette séquence de crise. Le prochain président devra réussir à rétablir la confiance entre l'État, les collectivités, le mouvement sportif et les équipes du Cojop.