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Coupe du monde 2026 : pourquoi observe-t-on des milliers de sièges vides malgré une affluence annoncée quasi complète ?

L'écart entre les images télévisées et les chiffres officiels a rapidement suscité des interrogations. [© Luciano Gonzalez / ANADOLU / Anadolu via AFP]

Malgré les 44.985 spectateurs annoncés par la FIFA lors de Corée du Sud - République tchèque, des milliers de sièges sont restés vides au stade Akron. Prix élevés, places VIP inoccupées et polémique sur la revente de billets à prix cassés alimentent les interrogations sur les chiffres officiels.

L'image a surpris de nombreux observateurs. Malgré une affluence officielle de 44.985 spectateurs annoncée par la FIFA lors du match entre la Corée du Sud et la République tchèque à Guadalajara, de larges zones de sièges vides étaient clairement visibles dans les tribunes du stade Akron.

L'instance dirigeante du football mondial assure pourtant que la demande pour cette Coupe du monde a atteint des niveaux records. Quelques jours avant le début du tournoi, le président de la FIFA, Gianni Infantino, affirmait que plus de six millions de billets avaient déjà été vendus, évoquant une demande "multipliée par dix, voire davantage" par rapport aux précédentes éditions.

Pourtant, au stade Akron, la réalité semblait différente. Les espaces vides étaient particulièrement visibles dans les secteurs les plus onéreux, notamment à proximité de la tribune VIP. Les billets en tribune basse étaient proposés autour de 500 dollars, tandis que certaines offres VIP dépassaient les 5.000 dollars.

L'écart entre les images télévisées et les chiffres officiels a rapidement suscité des interrogations. Avec une capacité de 45.664 places pour le Mondial, le stade n'aurait compté qu'environ 700 sièges inoccupés selon les statistiques de la FIFA. Un chiffre difficilement compatible avec les milliers de places vides visibles dans l'enceinte.

Interrogée sur sa méthode de calcul par The Athetic, la FIFA n'a pas souhaité préciser si l'affluence correspondait aux billets vendus ou au nombre réel de spectateurs ayant franchi les tourniquets. L'organisation s'est contentée de renvoyer vers les chiffres officiels.

Une politique tarifaire contestée

Cette rencontre constituait également un premier test pour la stratégie tarifaire mise en place par la FIFA. Contrairement au match d'ouverture du Mexique à domicile, joué à guichets fermés au fabuleux stade Azteca, l'affiche entre la 25e et la 37e nation au classement mondial n'offrait pas le même pouvoir d'attraction auprès du public local.

La République tchèque, qualifiée seulement au mois de mars, disposait par ailleurs d'un contingent de supporters limité. Les longs déplacements imposés à son équipe durant la phase de groupes n'ont pas favorisé les déplacements massifs de ses fans.

Dans le même temps, la gestion de la billetterie par la FIFA fait l'objet de plusieurs polémiques. Les procureures générales de New York et du New Jersey ont ouvert une enquête sur d'éventuelles pratiques commerciales trompeuses liées à la vente des billets du Mondial 2026. Les autorités cherchent notamment à déterminer si certains supporters ont été induits en erreur sur l'emplacement des sièges achetés et si la communication de la FIFA a contribué à une inflation artificielle des prix.

Des billets revendus à prix cassés

Une autre controverse est venue alimenter le débat. Selon une enquête du Telegraph, la FIFA serait accusée d'écouler une partie de ses stocks de billets via des plateformes de revente non officielles à des tarifs largement inférieurs à ceux affichés sur son propre site.

Le professeur Florian Ederer, de la Boston University's Questrom School of Business, affirme avoir identifié des sections entières de stades mises en vente sur des plateformes tierces. Dans certains cas, les mêmes places étaient proposées jusqu'à 30% moins cher que sur la billetterie officielle.

Pour l'universitaire, cette stratégie permettrait à la FIFA de remplir davantage les stades sans procéder à une baisse officielle des prix. Une réduction tarifaire publique pourrait en effet entraîner des demandes de remboursement ou des contestations de la part des supporters ayant payé leur billet au prix fort.

Ce système permettrait ainsi à la FIFA de revendiquer un nombre élevé de places vendues, mais qui risquent d'être inutilisées face au nombre important de billets toujours disponible sur ces plateformes de revente. Mais cela fait tâche face aux nombreux sièges inoccupés au moment du coup d'envoi de Corée du Sud-République tchèque.