Qui sont ces femmes qui dirigent dans le monde du football ?

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Brigitte Henriques et Nathalie Boy de la Tour incarnent cette génération de femmes qui est en train de prendre le pouvoir dans les instances du foot. Elles reviennent sur leur parcours et les défis qui les attendent dans le podcast Les Attaquantes. 

À la Fédération française de football (FFF), à la Ligue de football professionnel (LFP) ou dans les clubs, les femmes prennent de plus en plus de pouvoir. Alors que le football féminin est en pleine expansion, elles s'intègrent petit à petit dans le football masculin, un milieu traditionnellement occupé par les hommes. Dans le sixième épisode du nouveau podcast "Les Attaquantes", produit par Europe 1, la journaliste Camille Maestracci a rencontré certaines d'entre elles.

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Les instances du football français font confiance aux femmes

Depuis quelques années, des femmes occupent des postes haut placés au sein des instances dirigeantes du football français. C'est notamment le cas à la FFF, où, dès son entrée en fonction à la présidence, en 2011, Noël Le Graët a nommé des femmes aux postes importants. "Lorsque je suis arrivé à la fédération, il y avait un directeur général, et j'ai mis de façon très rapide et très clair à sa place Madame Hardouin, qui est une directrice générale de très haut niveau", confie-t-il. Le président de la fédération a également nommé Brigitte Henriques au poste de vice-présidente. "Elle y est toujours, et travaille de façon remarquable", note Le Graët.

À la LFP, l'instance qui dirige le football professionnel en France, le patron est en réalité une patronne. Nathalie Boy de la Tour, 50 ans, a été élu présidente de la Ligue en 2016. "Je n'étais pas candidate, donc mon élection s'est passée dans des conditions un peu particulières, puisque j'avais été approchée à plusieurs reprises. Mon mari était très malade à l'époque, il se battait contre un cancer, donc on a eu deux ans de vie un peu entre parenthèses", confie-t-elle à Europe 1. "On m'a approché une première fois, ce n'était pas le moment, une deuxième fois, ce n'était pas encore le moment. Et la troisième fois fut la bonne (...). À ce moment-là, il y a eu cette journée incroyable, où, sans être candidate déclarée, je me suis retrouvée élue, puisque l'ensemble des présidents de clubs, et les membres de l'assemblée générale, m'ont demandé d'accepter la présidence".

"C'est un milieu qui est dur"

Brigitte Henriques et Nathalie Boy de la Tour ont des profils atypiques, en étant des femmes à diriger dans des instances habituellement occupées par les hommes. "Tant que vous avez la place de numéro 2, les hommes sont là pour vous aider et ça leur va plutôt bien. Dès que vous être numéro 1, ça change tout, et là c'est beaucoup plus compliqué. C'est un milieu d'ego, et comme tout milieu de pouvoir, c'est un milieu qui est dur", avoue Nathalie Boy de la Tour. "Ce serait un leurre de dire que c'est facile tous les jours", admet de son côté Brigitte Henriques, vice-présidente de la FFF. "Vous avez ce poids de l'histoire de tant d'années d'une discipline réservée aux garçons".

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Au FC Metz, une femme aussi a pris le pouvoir

Au sein même des clubs, la féminisation des directions est plus lente. Hélène Schrub est la directrice générale du FC Metz. Elle est, à ce jour, la seule femme à diriger un club. "L'idée de l'avoir nommée directrice générale du club a été une excellente idée. Aujourd'hui, elle confirme tout le bien et la confiance qui a été placée en elle", confie Carlo Molinari, l'ancien président du FC Metz, qui avait recruté Hélène Schrub chez les Grenats, avant que Bernard Serin, l'actuel président du club ne lui propose le poste de directrice générale en 2016. "Ça a été assez surprenant pour moi, déjà parce que je ne savais pas qu'il était dans cette réflexion, et encore moins que c'était moi qu'il souhaitait positionner à ce poste, donc j'ai été surprise et ravie", déclare Hélène Schrub. "Je n'ai pas beaucoup pris le temps de la réflexion parce que si j'avais trop réfléchi, je me serais posée trop de questions, et j'aurais peut-être dit non. J'ai saisi la balle au bond, parce que c'est un challenge inestimable".

Europe 1
Par Idèr Nabili