CARNET DE BORD - Le Vendée Globe de Charlie Dalin : "La deuxième semaine est passée vite"

, modifié à
  • A
  • A
Partagez sur :
Chaque semaine depuis le début du Vendée Globe, Charlie Dalin tient un carnet de bord pour Europe 1. Sur son monocoque Apivia, le skipper de 36 ans se confie sur ses impressions au large du Brésil et sa stratégie en gagnant l'hémisphère sud dans cette course sans équipage et sans escale.
TÉMOIGNAGE

Dans cette course endiablée qu'est le Vendée Globe, Charlie Dalin a trouvé ses marques : le skipper de 36 ans, qui participe à sa première édition sur son monocoque Apivia, est parvenu à se glisser dans le trio de tête au large du Brésil à la fin de cette deuxième semaine de compétition qu'il n'a pas vue passer. Content d'avoir bien négocié le Pot au noir et satisfait des performances de son bateau, le navigateur se confie dans son carnet de bord hebdomadaire sur Europe 1, enregistré vendredi.

"Aujourd'hui est en train de s'achever la deuxième semaine de course, déjà. Le temps passe vraiment vite depuis quelques jours. Autant j'ai senti passer la première semaine, autant cette deuxième semaine est passée beaucoup plus vite.

Un degré perdu chaque jour

C'est une deuxième semaine placée sous le signe du soleil et de la chaleur. Ce sont les latitudes les plus chaudes de cette descente de l'Atlantique. À partir de maintenant, je vais perdre à peu près un degré par jour, dans l'eau comme dans l'air. En gagnant vers le sud, les températures vont de plus en plus se rafraîchir.

" Du haut de mes quatre Pot au noir d'expérience, c'est de loin le plus simple "

De quoi vais-je me rappeler de cette première semaine ? Les alizés de l'hémisphère nord, assez faciles à gérer. Du fait de ma position très ouest, je n'ai pas eu d'empannage ni de zigzag à effectuer. J'ai pu vraiment tirer tout droit vers le Pot au noir (la zone de convergence intertropicale légèrement au nord de l'équateur, ndlr). J'ai pu choisir mon point d'entrée dans le Pot au noir, extrêmement facile. Bon, ce n'est humblement 'que' mon quatrième Pot au noir (rires). Il y a des marins sur le Vendée Globe qui ont traversé beaucoup plus.

Dalin 4

Les bons souvenirs de Salvador de Bahia

Du haut de mes quatre Pot au noir d'expérience, c'est de loin le plus simple que j'aie eu à franchir. Il a duré environ 36 heures. J'ai eu une nuit difficile avec des variations de vent assez fortes, des grains, des éclairs et des grosses précipitations. Mais franchement, par rapport à ce que j'ai connu l'an passé (lors de la transat Jacques-Vabre, ndlr), c'était vraiment plus simple à gérer, donc ça m'a permis de ne pas devoir trop puiser dans mes ressources physiques. Après un passage de l'Équateur assez express, qui est venu vite, on est le long de la côte du Brésil.

Dalin 1

La route est en train de doucement s'infléchir de plus en plus vers l'est pour profiter d'un petit front qui nous permet d'accélérer. J'avais le sentiment d'avoir réussi à récupérer un peu de mon retard sur Alex Thomson et Thomas Ruyant. Je suis content des performances du bateau. C'est de bon augure pour la suite. On est bientôt à la latitude de Salvador de Bahia. Ce sont des grands souvenirs pour moi puisque l'année dernière, c'était à l'arrivée de la transat Jacques Vabre qu'on a remportée avec Yann Éliès la première course d'Apivia. Ce sont des bons souvenirs de repasser dans cette zone."

Europe 1
Par Charlie Dalin