Le Français Éric Perrot a remporté pour la première fois la Coupe du monde de biathlon. Sacré après le sprint d’Holmenkollen, le biathlète de 24 ans s’assure la tête du classement général à deux courses de la fin et succède au Norvégien Sturla Laegreid.
Après Lou Jeanmonnot, Eric Perrot ! Le biathlète français a réalisé son rêve d'enfant en décrochant jeudi à Oslo son premier gros globe de cristal à 24 ans, offrant à la France un doublé historique en Coupe du monde. Le Savoyard avait prévenu d'entrée cette saison: après sa 3e place l'an dernier, il ne visait rien d'autre que le titre.
"Le gros globe, c'est être régulier de novembre à fin mars. Et c'est d'autant plus de fierté quand on y parvient", s'est émerveillé Perrot après avoir pris la 3e place du sprint qui lui assure le titre. Au début de l'hiver, il est monté en puissance à son rythme, en embuscade derrière le Norvégien Johan-Olav Botn puis l'Italien Tommaso Giacomel.
"Je regardais ça quand j'étais petit"
Le premier a fait une croix sur le gros globe en manquant deux courses après la mort de son compatriote Sivert Bakken fin décembre et le deuxième a quitté le circuit prématurément après une intervention cardiaque fin février. Mais Perrot avait déjà fait le plus dur en s'emparant fin janvier du dossard jaune grâce à deux victoires à Nove Mesto (République tchèque), juste avant les JO, pour ne plus le quitter ensuite.
Le double champion olympique en relais (masculin et mixte) et médaillé d'argent de l'individuel devient à Oslo le cinquième Français chez les hommes à remporter la Coupe du monde de biathlon, après Patrice Bailly-Salins, Raphaël Poirée, Martin Fourcade et Quentin Fillon Maillet.
"Je regardais ça quand j'étais petit, j'avais le maillot jaune de Raphaël Poirée (vainqueur de 2000 à 2004) à la maison. Je regardais Martin (Fourcade) en rafler sept d'affilée. C'est dur de réaliser que je démarre mon petit bout de chemin", a savouré Perrot, vainqueur de quatre courses cet hiver.
Déjà la tête à l'après
A deux courses de la fin de la saison et seulement 180 points à distribuer, Éric Perrot ne peut plus être dépassé en tête du classement général par le Suédois Sebastian Samuelsson, le dernier qui pouvait encore empêcher son sacre. "C'est une réelle fierté d'arriver à valider ça, deux courses avant la fin. Avec encore une fois une belle course, parce que c'est aussi ce qui me tenait à coeur, de finir sur quelque chose de beau", a apprécié le natif de Bourg-Saint-Maurice.
Vendredi, il a réalisé une petite faute sur sa dernière balle sur le tir debout, une erreur qui lui a coûté la victoire. Il termine 3e du sprint, à cinq secondes du Norvégien Sturla Laegreid qui enchaîne une quatrième victoire de rang, et à moins d'une seconde d'Émilien Jacquelin, 2e.
"L'envie et la dalle"
Samuelsson, lui aussi parti une fois sur l'anneau de pénalité, a terminé 7e de la course, qui offre le petit globe du sprint à Sturla Laegreid. Eric Perrot a lui déjà assuré, en plus du gros globe de cristal, les petits globes de l'individuel et de la mass start, et peut encore aller chercher celui de la poursuite samedi.
L'ambitieux a déjà le regard porté vers la suite, jusqu'aux JO-2030 dans les Alpes françaises, avec entretemps "l'envie et la dalle", promet-t-il, de suivre le chemin de ses illustres prédécesseurs Raphaël Poirée et Martin Fourcade en Coupe du monde.
"Cette semaine on était déjà en train de parler à la projection sur les quatre années à venir. Il veut commencer à parler de ça maintenant, à mettre les choses en place pour ne pas s'endormir et continuer à aller de l'avant", a prévenu son entraîneur Simon Fourcade.
Avec le sacre de Lou Jeanmonnot dans la compétition féminine, la France réalise un doublé historique, une prouesse accomplie seulement par l'URSS (Svetlana Petcherskaia et Sergueï Tchepikov en 1990/91), l'Allemagne (Andrea Henkel et Michael Greis en 2006/07) et la Norvège (Tiril Eckhoff et Johannes Boe en 2020/21).