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Violences sexuelles dans le périscolaire à Paris : «On a fait face à du mépris de la mairie», dénonce la co-fondatrice du collectif SOS Périscolaire

[Djoudi Hamani / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP]

Invitée d'Europe 1 Matin, Anne, cofondatrice du collectif SOS Périscolaire, est revenue sur le long combat mené face à une mairie sourde, pour obtenir des mesures mettant fin aux violences au sein du périscolaire.

Le scandale du périscolaire parisien rattrape Anne Hidalgo à l'approche de la rentrée 2026. Trois plaintes pour "non-assistance à personne en danger" ont été déposées contre l'ancienne maire de Paris et son ancien premier adjoint Patrick Bloche par des familles d'enfants victimes d'agressions sexuelles.

Directement mise en cause, l'ancienne mairie de Paris avait été avertie à maintes reprises depuis quelques années, rappelle Anne, la cofondatrice de SOS Périscolaire, ce samedi 29 août dans Europe 1 Matin week-end : "Depuis 2015, il y a un certain nombre d'éléments qui sont avancés, visiblement, dans ces plaintes, qui tendent à dire que les signalements et les mises en garde n'ont pas été entendus et suivis des faits."

Un rapport d'inspection en 2015

Alors que le collectif SOS Périscolaire avait alerté la mairie dès 2021, ayant Patrick Bloche pour interlocuteur direct, ces signalements n'ont pas été pris au sérieux, fustige Anne. 

Les premières alertes en 2015 avaient donné lieu à un rapport de l'inspection, "qui pointait déjà des failles très importantes" dans le dispositif d'accueil du périscolaire parisien. Sans connaître l'existence de ce rapport, le collectif signale en 2021 à la mairie "les mêmes constats", mais se heurte à une indifférence :

"Nous, dans notre expérience, on assiste à un mépris, on assiste à du déni, on a quelqu'un en face de nous qui, à l'époque, nous dit déjà qu'on est des mamans un petit peu hystériques et qu'il faudrait qu'on se calme un petit peu parce qu'on utilise des mots violents, en parlant de maltraitance."

Un "problème systémique" pointé du doigt dès les premiers signalements

Face à la ligne de défense d'Anne Hidalgo, qui assure que l'information n'est pas remontée jusqu'à elle, elle dénonce sa mauvaise foi. La position de Patrick Bloche à l'époque était de dire "qu'il s'agissait de cas isolés, de malchance". 

"Je veux bien croire que lorsqu'on est maire de Paris, on ne lit pas tous les emails dont on est en copie. Ça, je peux l'entendre. En revanche, ce qu'on ne peut pas entendre, c'est qu'on nous ait soutenu qu'il s'agissait de cas isolés, alors qu'on venait à ce moment-là avec la conviction profonde, qui aujourd'hui est communément acceptée, que c'était un problème systémique", explique-t-elle.