"C’est une bataille qui donne déjà envie de pleurer" : la tribune de Jean-Michel Aphatie à la veille de l’acte 4 des "gilets jaunes"

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Dans un texte qu'il a baptisé "Veillée d'armes", Jean-Michel Aphatie a tenu vendredi à exprimer sa tristesse, à la veille d'une journée de mobilisation des "gilets jaunes" qui fait craindre de nouvelles violences.

L'AVIS DE

A la veille de l'acte 4 des "gilets jaunes" samedi, les scènes de violences du week-end dernier à Paris sont encore dans toutes les têtes. C'est pourquoi, en lieu et place de sa chronique quotidienne au micro de Nikos Aliagas, Jean-Michel Aphatie a livré une tribune baptisée "Veillée d'armes", vendredi. Ému, l'éditorialiste d'Europe 1, qui d'habitude n'a jamais de notes, s'est exceptionnellement présenté en studio avec un texte écrit, dans lequel il livre sa profonde tristesse de voir "deux 'France'" s'affronter au cours d'une "bataille que tout le monde va perdre" : "C'est une bataille qui donne déjà envie de pleurer", glisse-t-il.

"La bataille aura lieu demain (samedi). Nous retenons notre souffle, deux 'France' se font face. La première souffre, sa vie est dure, son horizon est triste, son avenir est incertain. La seconde est à l'aise ou semble l'être. Elle vit dans les villes, elle pense qu'elle a un avenir, au-dessus d'elle, le ciel paraît bleu.

La souffrance est un malheur, c'est certain. Mais le bonheur n'est pas toujours ce que l'on croit. Quoi qu'il en soit, ces deux 'France' ne se parlent plus et la bataille aura lieu demain. Des Français, revêtus d'un gilet jaune, affronteront des Français, revêtus de tenues de CRS. C'est triste à pleurer. Il y aura des blessés. Il y aura peut-être pire que des blessés. Nous aurons sans doute des raisons de pleurer. C'est une bataille que personne ne va gagner, c'est une bataille que tout le monde va perdre, c'est une bataille qui donne déjà envie de pleurer.

 

>> De 7h à 9h, c’est deux heures d’info avec Nikos Aliagas sur Europe 1. Retrouvez le replay ici

Entendu sur europe1 :
Emmanuel Macron doit trouver les mots qui ramèneront la paix

Dimanche, le président va parler. Ou bien, il va parler lundi. Mais il va parler, parce qu'il doit parler. Le président doit se dépouiller du mépris, de la suffisance, de l'arrogance et presque de l'intelligence. C'est le cœur qui doit parler, c'est la modestie qui doit l'envelopper. Il doit trouver les mots qui ramèneront la paix, il doit s'excuser, il doit regretter et il doit nous guider puisqu'il est là où il est.

Vendredi matin, c'est l'amertume qui étreint nos âmes. Comment en est-on arrivé là ? Pourquoi en est-on là ? Mais ce matin, il y a aussi l'espoir. Nos parents, nos grands-parents, leurs parents, les parents de leurs parents ont construit ce grand et beau pays que nous aimons, la France, riche de sa terre, de ses montagnes, de sa beauté, de sa grandeur, de son humanité.

Cet héritage nous oblige, après-demain nous nous relèverons, nous nous retrouverons et à nouveau nous sourirons. Mais ça paraît loin après-demain parce qu'avant cela, il y a demain. Et demain, c'est la bataille."