Utile pour le corps et bon pour le cerveau... Les vertus méconnues du gras

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beurre, crème
Le gras n'est pas à banir de notre alimentation mais à consommer avec modération. © BERTRAND GUAY / AFP
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Comment mieux manger pendant le confinement ? À l'heure du confinement, cette question taraude de nombreux Français. Pour y voir plus clair, Laurence Plumey, nutritionniste, a expliqué jeudi sur Europe 1 qu'il n'est pas utile de chasser le gras de nos assiettes. Le gras a même, selon elle, des vertus insoupçonnées...

Alors que le confinement invite à manger plus gras et à moins se dépenser, Laurence Plumey, nutritionniste et auteure du livre Le monde merveilleux du gras (Eyrolles), a expliqué jeudi sur Europe 1 que déclarer la guerre au gras n'est pas la solution miracle pour se maintenir en bonne santé. 

Le gras participe au bon fonctionnement du corps 

Si le gras a mauvaise presse, en réalité, notre corps en a besoin pour de multiples raisons. "On pense toujours que le gras est mauvais et toxique pour notre santé mais on ne soupçonne pas toutes ses qualités", explique le docteur Laurence Plumey, qui le considère même comme un "organe" à l'image du cœur ou du foie.

Tel un organe, le gras joue en effet des rôles divers au sein de notre corps. "Il nous sert de réserves et de stockage d'énergie. Il fabrique aussi des hormones et stocke des polluants. Il communique beaucoup avec le cerveau et régule le comportement alimentaire", égrène la nutritionniste. 

C'est pourquoi n'importe quel humain, qu'il soit en surpoids ou non, possède du gras. "Nous en avons a minima dix kilos chacun mais certaines personnes en ont un peu plus que d'autres", détaille Laurence Plumey. 

Il existe des bonnes graisses 

Si le gras est essentiel pour nous maintenir en forme, il faut privilégier certains types de gras, prévient la nutritionniste. "Dans le gras des aliments, il y a des bonnes graisses, comme le gras de l'huile d'olive, du saumon, des sardines et du maquereau. Leurs omégas sont bons pour la santé du cœur et des vaisseaux", précise Laurence Plumey. Parmi les types de gras bons pour la santé, elle cite également "le cholestérol des œufs" ou encore "le gras des amandes qui est certes calorique mais aussi excellent".

Pour la nutritionniste, il est donc nécessaire de changer notre rapport au gras. "Il faut arrêter de raisonner en termes de calories. Il faut bien comprendre que le gras de nos aliments nous est utile", explique-t-elle tout en nuançant. "Il faut aussi en faire une consommation modérée parce que même si un type de gras est bon, il reste calorique."

Le gras ne doit pas être consommé le soir 

Cette consommation modérée passe aussi par un rythme à adopter. Pour Laurence Plumey, le gras est à éviter le soir car nos dépenses caloriques sont très faibles la nuit. C'est donc la nuit que l'on grossit. La nutritionniste conseille alors de manger "le plus léger possible" au dîner. "C'est exactement le contraire de ce que font la plupart des gens. Ils mangent mal dans la journée et se rattrapent le soir en mangeant beaucoup, ce qui contribue à faire grossir la population", explique Laurence Plumey. Elle recommande alors de se contenter par exemple d'une soupe, d'un yaourt et d'un fruit frais. 

Si l'on a fait un excès, il est possible d'"encadrer" ces écarts avec des "aliments plus légers", ajoute la médecin. "Il est toujours possible de se faire plaisir mais il faut simplement éviter de cumuler les aliments gras et sucrés", déclare-t-elle. 

Le gras a du goût 

Pourquoi est-ce si dur de réduire sa consommation de gras ? Parce que "quand vous mangez un aliment gras, vous sentez les goûts", répond Laurence Plumey. Au contraire, "si vous mangez un aliment maigre, il a beaucoup moins de goût", poursuit-elle. C'est par ailleurs un processus chimique qui est à l'origine de la multiplication des saveurs du gras. Car "les arômes sont solubles dans le gras", indique Laurence Plumey.

Europe 1
Par Tiffany Fillon