Une cinquantaine de députés appellent à "lutter contre l'entrave" à l'IVG

, modifié à
  • A
  • A
Les signataires demandent notamment au gouvernement de faire inscrire dans la loi constitutionnelle le droit fondamental à l'IVG.
Les signataires demandent notamment au gouvernement de faire inscrire dans la loi constitutionnelle le droit fondamental à l'IVG. © THOMAS SAMSON / AFP
Partagez sur :
Emmenés par le socialiste Luc Carvounas, les signataires d’une tribune publiée par Le Journal du Dimanche s'alarment notamment du recul de l'accès à l'interruption volontaire de grossesse en France. 

Une cinquantaine de députés de gauche appellent Emmanuel Macron à "lutter contre l'entrave" à l'interruption volontaire de grossesse (IVG), un "droit fondamental" qu'ils entendent protéger via une proposition de loi constitutionnelle, expliquent-ils dans une tribune publiée par Le Journal du Dimanche.

"Conquête politique, démocratique et laïque", le droit à l'avortement "reste aujourd'hui balloté entre l'affaiblissement des services publics - de prévention et de santé - et de multiples ingérences politico-religieuses", s'alarment ces députés PS, PCF et LFI, emmenés par Luc Carvounas (PS), membre de la délégation aux droits des femmes de l'Assemblée. "Quotidiennement [...] de nombreuses femmes se retrouvent en difficultés pour avoir accès à un droit fondamental reconnu aujourd'hui dans la jurisprudence du Conseil constitutionnel", ajoutent-ils.

"Le progrès ne se décrète pas. Il se prouve !"

Fermeture de 130 centres pratiquant l'IVG en 15 ans, "rendez-vous imprenables, manque de praticiens, affaiblissement du Planning familial" : l'entrave "est plus que réelle", estiment les signataires de la tribune.  Un peu plus d'un an après la panthéonisation "à juste titre" de Simone Veil, ils exhortent le président à passer "des symboles aux actes politiques" et rappellent avoir déposé "une proposition de loi constitutionnelle visant à ce que nul ne puisse entraver le droit fondamental à l'interruption volontaire de grossesse". "Nous lui disons donc, comme à sa majorité : le progrès est comme l'amour ; il ne se décrète pas. Il se prouve !", concluent-ils.

La délégation aux droits des femmes de l'Assemblée doit lancer prochainement une mission d'information pour définir les "évolutions législatives nécessaires" à l'accès à l'IVG. Sa présidente, Marie-Pierre Rixain, a déjà annoncé qu'elle déposerait à l'automne une proposition de loi portant notamment de 12 à 14 semaines de grossesse la limite légale pour avorter. Une piste soutenue par la secrétaire d'Etat chargée de l'Egalité femmes-hommes, Marlène Schiappa.