Un patient de 70 ans reste plus de six jours aux urgences, une décision "médicale" selon l'hôpital

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À Saint-Quentin, un patient de 70 ans a passé six jours et 12 heures sur un brancard. (Photo d'illustration)
À Saint-Quentin, un patient de 70 ans a passé six jours et 12 heures sur un brancard. (Photo d'illustration) © FREDERICK FLORIN / AFP
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Un patient de 70 ans a passé plus de six jours sur un brancard, au centre hospitalier de Saint-Quentin, dans l'Aisne. Selon la direction, il s'agit d'une décision "médicale".

Un patient âgé de 70 ans est resté six jours dans une unité des urgences de l'hôpital de Saint-Quentin, dans l'Aisne, "un record" dénonce vendredi le collectif Inter-Urgences, la direction affirmant pour sa part qu'il s'agissait d'une décision "médicale" et non d'organisation.

"Un record", selon le collectif Inter-Urgences

Le collectif Inter-Urgences, à l’origine du mouvement de grève dans les services d'urgence, dénonce cette situation dans un communiqué et ironise sur ce "record dans un contexte où la direction fait la sourde oreille sur les revendications du personnel".

"La rentrée arrive à grand pas et nous appelons encore et toujours ensemble des soignants (...) à se mobiliser pour remodeler un système de santé arrivé à son terme", a-t-il ajouté.

La direction se défend

Selon les recommandations de la Société francophone de médecine d'urgence, l'unité d'hospitalisation de courte durée (UHCD), dans laquelle le patient est resté, fait "partie intégrante des services d'urgence", "pour laquelle il est recommandé que la durée moyenne de séjour soit inférieure à 24 heures".

"C'est une question médicale, pas d'organisation, il y avait des lits vacants dans tous les étages de l'hôpital", s'est défendu vendredi auprès de l'AFP le directeur de l'établissement François Gauthiez. "On n'a pas lésiné sur les moyens, on n'a pas abandonné le patient", a-t-il ajouté, soulignant qu'il a séjourné dans une chambre individuelle, sans salle de bain toutefois, sur un lit et non un "brancard".

Selon la direction, ce patient, qui se serait empoisonné involontairement chez lui, a été vu par un médecin 35 minutes après son arrivée à l'accueil des urgences le 8 août. Il est ensuite resté "pour affiner son diagnostic avec plusieurs avis de spécialistes" et "il n'y a pas eu de demande des urgences de l'admettre dans un autre service". "Les services d'action sociale de l'hôpital ont rencontré la famille afin de garantir un retour à domicile le 15 août dans de bonnes conditions", ajoute la direction sur son site.