Un médecin jugé pour non-assistance à personne en péril après la mort d'un bébé

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Le médecin risque 7 ans de prison. Photo d'illustration. 1:05
Le médecin risque 7 ans de prison. Photo d'illustration. © AFP
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En 2013, le petit Gabin, bébé de 22 mois, mourrait de faim aux urgences. Alors que ses parents ont été condamnés à 17 ans de prison, le médecin de la famille comparaît jeudi devant le tribunal correctionnel de Guéret. Il est accusé de non-assistance à personne en péril, pour n'avoir jamais effectué de signalement. 

Sept ans après les faits, l'affaire de la mort du petit Gabin se retrouve à nouveau devant la justice. En novembre 2019, les parents de ce bébé de 22 mois, mort de faim en 2013, ont été condamnés à 17 ans de réclusion criminelle. Jeudi, c'est le procès du médecin de la famille qui débute devant le tribunal correctionnel de Guéret. Alors qu'il avait ausculté l'enfant à sept reprises, mais n'avait jamais effectué de signalement, il est accusé de non-assistance à personne en péril. 

Le 7 juin 2013, l'enfant avait été admis aux urgences en état de "déshydratation extrême" et "de mort apparente", et n'avait pu être réanimé malgré 40 minutes de massage cardio-respiratoire. Gabin ne marchait plus et ne pesait que 5,8 kg, le poids d'un nourrisson de 3 mois. 

Le médecin risque sept ans de prison

Pour Me Yves Crespin, avocat de l'association L'Enfant bleu, partie civile, ce procès doit entraîner une prise de conscience du corps médical. "On sait que les médecins hésitent à faire des signalements. 5% des signalements reçus par la justice ou l'administration émanent des médecins", explique-t-il au micro d'Europe 1. Selon lui, ces professionnels "redoutent des poursuites disciplinaires, que des plaintes soient déposées contre eux par des parents ou des tiers qui vont leur reprocher la violation du secret professionnel ou la rupture d'une relation de confiance". 

"Il faut que ce procès permette aux médecins de prendre conscience qu'ils sont les premiers à pouvoir protéger les enfants", conclut Me Yves Crespin. Le médecin risque 7 ans de prison et 100.000 euros d'amende.

Europe 1
Par Salomé Legrand, édité par Antoine Terrel