Un gilet jaune jugé en juillet pour un message "anti-flic" : "C'est une provocation", assume-t-il

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Pour avoir apposé à l'arrière de son fourgon une affiche "flic suicidé, à moitié pardonné", un "gilet jaune" sera jugé le 12 juillet pour "outrage". Sur Europe 1, mardi, il a réagi, affirmant qu'il s'agissait d'une provocation et non d'une incitation à la violence. 

André, un "gilet jaune" de 52 ans qui avait apposé à l'arrière de son fourgon, en Tarn-et-Garonne, une affiche "flic suicidé, à moitié pardonné, les autres nous mutilent", sera jugé le 12 juillet à Montauban pour "outrage". Le message, écrit sur fond jaune, a été découvert sur la lunette arrière de la camionnette par des passants, à Caussade. Prévenue, la gendarmerie a placé le propriétaire du véhicule en garde à vue en fin de semaine dernière. 

Ce dernier, originaire d'Alsace mais vivant à Caussade depuis plusieurs années, a été présenté mardi matin au parquet de Montauban, qui l'a remis en liberté sous contrôle judiciaire. Il est convoqué le 12 juillet devant le tribunal correctionnel de Montauban.

"Je n'ai jamais appelé à tuer personne"

"C'est une inscription qui était pondu déjà en Bretagne, je l'ai reproduite", explique André, mécanicien à la retraite et "gilet jaune" de la première heure, au micro d'Europe 1. "C'est une provocation mais de là à revendiquer la violence et le décès des gens, non. Je n'ai jamais appelé à tuer personne", insiste-t-il.

"Un nombre de policiers a perdu la vie mais pas qu'eux, y en a d'autres. Les agriculteurs, les chômeurs, les gens en ont marre, ils n'arrivent pas à finir les fins de mois. Et ils se flinguent. Leur vie vaut autant que celle des policiers, c'est ce que je veux dire", a-t-il précisé, ajoutant vouloir remplacer cette affiche par une nouvelle "qui choque mais qui n'est pas répréhensible."

Le préfet condamne "avec la plus grande fermeté"

Dans un communiqué, le préfet de Tarn-et-Garonne a "condamné avec la plus grande fermeté les propos écrits par un 'gilet jaune' du département sur les suicides dans la police". Il a dit espérer "une condamnation à la hauteur de l'ignominie des propos".

Samedi, lors de la manifestation à Paris, des "gilets jaunes" ont à plusieurs reprises crié "Suicidez-vous, suicidez-vous" aux forces de l'ordre, alors que la police est touchée par une vague de suicides sans précédent -28 au total- depuis le début de l'année. Ces slogans ont également soulevé une vague d'indignation tant chez les syndicats de policiers que dans la classe politique, de LREM au PS en passant par LR.