La perspective d’un couvre-feu ou d'un état d'urgence après les émeutes a fait réagir Gabrielle Cluzel lors de l'émission Christine Kelly et vous. "Faute d'arrêter les coupables, c'est couvre-feu généralisé pour tout le monde", a-t-elle regretté.
Face aux violences de ces derniers jours, l'idée d'un couvre-feu ou d'un état d'urgence séduit une partie de la classe politique. "Faute d’arrêter les coupables, c'est couvre-feu généralisé pour tout le monde", a regretté Gabrielle Cluzel.
La journaliste reconnaît l'intérêt de ces mesures. "On voit bien qu'il y a une forme d'efficacité, parce que chacun doit rester chez soi, donc de fait, il ne se passe plus rien. C'est plus facile d'arrêter ceux qui contreviennent à ces consignes", explique-t-elle.
Elle y voit pourtant un problème. "Comme d'habitude, ces mesures vont toucher y compris ceux qui n'ont rien fait. Les gens bien élevés, ordinaires, qui respectent les règles du jeu, obéissent, ce sont eux qui vont rester chez eux, et plutôt moins les délinquants", affirme-t-elle.
"Un confinement sécuritaire"
Selon elle, ce couvre-feu existe déjà de façon tacite. "À chaque match de foot, c'est couvre-feu pour les femmes, pour les enfants. Nous disons tous à nos adolescents, ne sortez pas. Il y a un confinement sécuritaire pour les gens qui respectent la loi. Ce sont eux qui sont enfermés, parce qu'on n'arrive pas à enfermer les délinquants", déplore-t-elle.
Elle se dit "ravie" que ces mesures permettent d'arrêter les exactions, mais voit "une vraie question philosophique à se poser".