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Transmission, mortalité, cas graves : ce que l'on ignore encore sur l'hantavirus

Les connaissances actuelles reposent essentiellement sur l'épidémie survenue dans un village d'Argentine en 2018. [© Arthur N. Orchard / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP]

Réunis au ministère de la Santé à Paris, médecins et scientifiques ont assuré qu'aucune circulation active du hantavirus n'était constatée en France. Les experts reconnaissent toutefois de nombreuses incertitudes sur les modes de transmission et le taux réel de mortalité du virus.

Les scientifiques se veulent rassurants sur le hantavirus. Plusieurs médecins et scientifiques étaient réunis au ministère de la Santé autour de Stéphanie Rist à Paris afin de faire un point sur la situation liée au hantavirus après les récents cas détectés.

Le principal message retenu lors de cette conférence de presse reste rassurant. Aucune circulation active du virus n'a été observée à ce stade sur le territoire français.

Des connaissances encore limitées sur le virus

Les experts ont toutefois reconnu que de nombreuses zones d'ombre subsistent concernant cette maladie.

Les connaissances actuelles reposent essentiellement sur l'épidémie survenue dans un village d'Argentine en 2018. Mais selon les scientifiques, le contexte actuel diffère largement.

Les personnes contaminées récemment se trouvaient à bord d'un bateau, dans des conditions de forte promiscuité, ce qui pourrait avoir favorisé les transmissions.

Les interrogations autour de la transmission

Les spécialistes estiment, à ce stade, que la transmission du virus se produirait principalement lors de contacts rapprochés.

Mais Antoine Flahault, professeur et épidémiologiste, appelle à la prudence : "On ne sait pas si le fait d'être juste exposé à une personne qui passe devant vous avec le virus vous met à haut risque ou à bas risque", a-t-il expliqué.

Le scientifique souligne également que plusieurs hypothèses restent encore à étudier, notamment concernant une possible transmission par voie sanguine ou même sexuelle.

Autre point d'incertitude, la mortalité réelle du virus. Aujourd'hui estimée autour de 40 %, elle pourrait être revue à la baisse si les chercheurs découvrent l'existence de formes asymptomatiques jusqu'ici non détectées.

Les spécialistes estiment aussi que l'amélioration des prises en charge médicales pourrait permettre de réduire le nombre de décès. Plusieurs projets de recherche doivent désormais permettre de mieux comprendre le comportement du virus et ses modes de propagation.

Une femme hospitalisée dans un état grave

Lors de cette conférence de presse, les autorités sanitaires ont également indiqué qu'une femme contaminée se trouvait actuellement en réanimation dans un état grave.

Quatre autres personnes présentes sur le bateau considéré comme le foyer initial de contamination ont été placées à l'isolement, tout comme 22 cas contacts identifiés par les autorités.

Un risque jugé très faible pour la population

Malgré les interrogations encore nombreuses, les scientifiques ont insisté sur un point. Le risque pour la population générale demeure "extrêmement faible" à l’heure actuelle.

Les autorités sanitaires poursuivent néanmoins leur surveillance afin de détecter rapidement toute évolution de la situation.