Terminal 4 de Roissy abandonné : les associations écologistes restent prudentes

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Le projet d'origine devait permettre d’accueillir environ 32 millions de passagers supplémentaires. 2:08
Le projet d'origine devait permettre d’accueillir environ 32 millions de passagers supplémentaires. © JOEL SAGET / AFP
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Le gouvernement a annoncé jeudi qu’il renonçait au projet d’agrandissement du terminal 4 de l’aéroport de Roissy, car il n’est pas en phase avec la lutte contre le réchauffement climatique. Une bonne nouvelle pour les associations écologistes, qui restent malgré tout méfiantes. Elles demandent un engagement ferme du gouvernement sur le sujet.

Pas assez en phase avec la lutte contre le réchauffement climatique, le projet d’extension du terminal 4 de l’aéroport Roissy-Charles de Gaulle est désormais jugé obsolète par le gouvernement. Barbara Pompili, la ministre de la Transition écologique, l’a officialisé jeudi dans un entretien au journal Le Monde. Les associations de défense de l’environnement restent cependant prudentes.

Le gouvernement "laisse la porte ouverte à un futur projet d’extension"

Greenpeace estime par exemple que ce n’est pas un vrai abandon et qu’un projet d’agrandissement pourrait revenir sur le devant de la scène. Au micro d’Europe 1, Audrey Boehly, porte-parole du collectif  "Non au terminal 4", confie d’abord son optimisme : "On se réjouit de cette annonce. C’est une très bonne nouvelle pour le climat." Mais elle ne veut pas s’arrêter là : "Ce qu’on demande maintenant au gouvernement, c’est un engagement ferme sur ce sujet. Il peut le faire dans le cadre de la loi climat qui comporte un article sur l’interdiction des extensions d’aéroport. Pour l’instant, le gouvernement laisse la porte ouverte à un futur projet d’extension."

Un projet d'origine à 7 milliards d'euros

Jeudi, le gouvernement a sommé le groupe ADP, dont l'Etat est l'actionnaire majoritaire, de revoir sa copie et de plancher sur un nouveau projet, sans extension de la plateforme Paris-Charles de Gaulle, en favorisant la transition écologique.

Le projet d’origine, évalué à 7 milliards d’euros, devait permettre d’accueillir davantage d’avions, soit environ 32 millions de passagers supplémentaires. Ce qui représente l’équivalent du trafic à l’aéroport d’Orly. Cette extension de très grande ampleur était basée sur des prévisions de croissance exponentielle du trafic aérien qui, avant la crise sanitaire, était censé doubler d’ici 2037 avec 500 d’avions supplémentaires chaque jour. Mais la chute spectaculaire et durable du trafic aérien a rendu ce projet obsolète aux yeux du gouvernement. 

Europe 1
Par Virginie Salmen et Aurélien Fleurot édité par Léa Leostic