En octobre 2020, la tempête Alex ravageait la vallée de la Roya faisant dix morts et huit disparus 1:55
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Frédéric Michel , modifié à
En octobre 2020, la tempête Alex ravageait la vallée de la Roya, faisant dix morts et huit disparus. 15 mois plus tard, Emmanuel Macron est de retour sur place après avoir promis 572 millions d'euros pour la reconstruction des infrastructures. Une enveloppe complétée aussi par le département, la région et même la principauté de Monaco. 
REPORTAGE

Il avait promis de revenir dans les vallées sinistrées des Alpes-Maritimes, après le passage meurtrier et dévastateur de la tempête Alex. Le président de la République après une visite à Nice sur le thème de la sécurité s'est rendu ce lundi après-midi à Tende, dans la Haute vallée de la Roya.

Macron venu "porter la solidarité de la nation"

"Il avait dit je reviendrai, il tient promesse et moi ça me plait bien", se félicite Annie une habitante de Tende à la retraite. "On a besoin de sentir épaulé. C’était prévu qu’il revienne, c’est normal qu’il revienne", explique Jean-Daniel, un habitant rencontré devant la mairie. "Juste avant l'élection présidentielle c’est un signe très fort pour lui, mais, pour moi, c’est de la démagogie" souligne Mirella, une habitante de Breil-sur-Roya, qui reconnaît cependant que l’action de l’Etat et des collectivités a été cruciale.

Sur place, Emmanuel Macron s'est donc offert un bain de foule pendant une heure sur la place centrale de Tende. Venu "porter la solidarité de la nation", le chef de l'État a recueilli les remerciements des habitants, mais pas seulement. Puisqu'il reste encore de nombreuses choses à faire dans cette vallée qui panse ses plaies, les phrases "ne nous oubliez pas", ou "tout n'est pas réglé", ont également résonné sur la place. 

572 millions d'euros promis par l'Etat

Un peu plus d’un an après la catastrophe qui a touché les vallées de la Vésubie, de la Tinée et de la Roya, début octobre 2020, Emmanuel Macron a également fait le point sur la reconstruction, rappelant que 572 millions ont été promis par l’État et qu'"on ne lâche rien". De son côté, le département a déjà engagé 140 millions d’euros pour voir revivre la vallée et injecte chaque mois 5 millions d’euros pour les routes.

D’autres collectivités, comme la région Paca, ont sorti le porte-monnaie. C’est le cas aussi de la principauté de Monaco, voisine des vallées sinistrées. Dans la seule Vallée de la Roya, 50 kilomètres de route ont été reconstruits en moins d’un an. Avec un chapelet d’une douzaine de feux alternatifs sur la route, il faut environ compter 40 minutes de trajet de Breil à Tende. Deux fois plus de temps qu’avant les ravages de la tempête Alex.

Les principales liaisons routières et ferroviaires rétablies

"Ça avance mais pas assez vite, il n’y a pas suffisamment de monde pour les travaux", se lamente Bernard au micro d'Europe 1, un habitant. La route est encore très endommagée, impossible de rouler vite et les amortisseurs en prennent un coup", insiste celui qui fait la route chaque jour pour se rendre à son travail, en principauté de Monaco. 

Reste que les principales liaisons routières ont toutes étaient rétablies. Seul l’accès à l’Italie par la route reste coupé. "Je vais demander au président de faire pression sur l'Italie parce qu'il ne faut pas accepter qu'elle impose le temps des travaux", affirme Jean-Pierre Vassallo, le maire de Tende, au micro d'Europe 1. "Actuellement, il ne reste que 1,2 kilomètre à percer dans le tunnel du col [de Tende], ça doit être fait rapidement. Le tunnel est un cordon ombilical qui relie le Piémont à la Ligurie, aux Alpes-Maritimes et à Monaco. Rappelons que depuis la Seconde Guerre mondiale, en termes d'infrastructures, la France n'a jamais connu pareille catastrophe." 

Des familles de retour pas avant 2023

Pour éviter que ces communes montagnardes se vident de leurs habitants, Jean-Pierre Vassallo entend bien redynamiser la vallée des Merveilles, mais il n’oublie pas ses administrés qui ont tout perdu et qui attendent de pouvoir revenir dans leur maison ou appartement. "Il y a 60 familles qui ne sont pas encore rentrées chez elles, et peut-être qu’elles ne pourront pas revenir avant 2023, il faut consolider les rives de la rivière. Des travaux gigantesques, estimés à plus de 24 millions d’Euros". 

Amoureux de la vallée, Jean-Daniel, futur jeune retraité, compte bien dans quelques mois s’installer définitivement à Tende. "Surtout ce qu’il faut c’est un projet pour la vallée, parce que sinon les gens vont partir. Il y a déjà eu de nombreux départs. Plusieurs commerces ont fermé. Il faut que ça revienne".

Les travaux prendront encore des années. Avec une préoccupation des autorités : tirer les leçons de la catastrophe et ne pas reconstruire à l’identique. Les spécialistes sont formels : des épisodes météorologiques extrêmes dans ces vallées se reproduiront.