Témoignage Europe 1 - "C’était important pour moi de l’arrêter", confie un jeune homme qui a accusé son maître-nageur de viols

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Le procès d'un ex-entraîneur du club de natation de Pont-Saint-Pierre s’ouvre ce vendredi devant la cour d’assises de l’Eure. Europe 1 a recueilli le témoignage de l'une de ses victimes présumées. "Ce qui m’a poussé à témoigner et déposer plainte, c’est qu’au moment de la plainte, il était encore en exercice", confie-t-il.
INTERVIEW

Un maître-nageur comparait à partir de ce vendredi devant la cour d'Assises d'Evreux, en Normandie, pour agressions sexuelles et viols sur 22 mineurs entre 1995 et 2011. La plus jeune victime aurait été âgée de 9 ans au moment des faits. C'est la plainte d'un jeune homme en 2014 qui avait permis de révéler les agissements présumés de cet entraîneur de natation de Pont-Saint-Pierre, dans l'Eure.

Mineur au moment des faits, Marc (faux prénom, il souhaite garder l’anonymat) avait à peine 12 ans quand il aurait subi les premières agressions sexuelles de son maître-nageur. Ce n’est qu’une dizaine d’années après les faits qu’il a pu enfin les dénoncer.

Entendu sur europe1 :
"C'est nous qu’on remet en question. On ressent de la honte et de la culpabilité"
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"Ce qui m’a poussé à témoigner et déposer plainte, c’est qu’au moment de la plainte, il était encore en exercice", explique la victime présumée. "C’était important pour moi de l’arrêter, c’était également important que les personnes qui ont été touchées comme moi puissent être aidées et soutenues."

"Une perte de poids, une différence de courbe de croissance et une dépression"

Placé en garde à vue, le suspect nie les faits d'agressions et de viols et parle de caresses. D'autres jeunes hommes ont témoigné eux aussi. Ils décrivent les mêmes scénarios, toujours sans violence, mais à l'occasion de jeux. Les agressions avaient lieu notamment au domicile du maître-nageur, qui hébergeait ses élèves lors des stages organisés sur plusieurs jours à la piscine. Certains ont arrêté la natation pour lui échapper.

"Ces personnes sont très proches des enfants, ils ont un impact fort sur le développement psy et physique des enfants", témoigne Marc. "Dans mon cas, ça s’est traduit par une perte de poids, une différence de courbe de croissance et une dépression. Même si mes parents m’ont fait suivre par un psychiatre, je n'ai pas réussi à sortir ça à ce moment-là parce que c’est très dur. Ce qui s’est passé est honteux. On met ça sur nous, pas sur lui. C'est nous qu’on remet en question. Du coup on ressent de la honte et de la culpabilité. C’est important de dénoncer ce genre de choses pour que ça s’arrête."

Europe 1
Par Marion Dubreuil, édité par Romane Lizée