Service national universel : "A part le réveil à six heures du matin, il vont kiffer !"

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Gabriel Attal et Sibeth Ndiaye ont rendu visite aux volontaires pour leur dernière journée. 4:00
Gabriel Attal et Sibeth Ndiaye ont rendu visite aux volontaires pour leur dernière journée. © Benjamin Peter/Europe 1
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REPORTAGE - Europe 1 a assisté à la dernière journée du stage de cohésion des jeunes volontaires de l'expérimentation du futur service national universel, dans les Hautes-Pyrénées. 
REPORTAGE

Clap de fin, pour 2.000 volontaires âgés de 16 ans ayant participé au "stage de cohésion", l'expérimentation du futur Service national universel, dans treize sites partout en France. Quel bilan en tirer ? Notre reporter a assisté à la dernière journée d'une centaine d'entre eux, dans les Hautes-Pyrénées. 

"On était crevés mais on enchaînait"

Venus de toute la France, ces jeunes ont passé 12 jours à Artigues, à 1.200 m d'altitude. Avec uniforme obligatoire pour tous, réveil au petit matin, levée des couleurs...  Le tout sous la surveillance d'anciens militaires, d'enseignants ou d'animateurs, qui eux aussi ont appris à travailler ensemble. 

"On avait différents modules, on avait des interventions de militaires, des interventions de pompiers, des choses comme ça", témoigne Tristan, un jeune participant. "Et ensuite on avait des visites culturelles. Par exemple on est allés au cirque de Gavarnie. On était crevés mais on enchaînait le lendemain sans problème !"

"Des gens qu'on ne devrait même pas connaître"

Jeudi, ces jeunes ont reçu des diplômes des mains de Gabriel Attal, le secrétaire d'Etat en charge de la jeunesse, et de la porte parole du gouvernement Sibeth Ndiaye. "C'est vraiment une fierté d'avoir ça dans les mains", souffle Matthieu, qui aurait bien signé pour une semaine de plus. "C'est quand même deux semaines où on a appris à connaître des gens qu'on ne devrait même pas connaître, des gens différents... Ça fait mal au cœur de savoir qu'on ne les verra plus."

À noter que tous ces jeunes avaient fait la démarche de s'inscrire au fameux "SNU". Est-ce que tout se passera aussi bien lorsqu'il sera obligatoire, comme le souhaite le président de la République ? C'est toute la question. À Artigues, un jeune a été exclu pour s'être battu. Trois autres ont subi la même sanction dans les autres départements test. "Les jeunes qui sont là ont signé un règlement intérieur où pendant deux semaines ils s’engageaient à ne pas toucher à leur téléphone portable, ni à fumer", souligne Edith, encadrante. "Un jeune qui n'est pas prêt à un règlement comme celui-ci, il faudra envisager un autre moyen..."

Comment sanctionner les réfractaires ? 

"Si ça devient obligatoire, il y aura des gens qui ne seront pas contents, qui viendront pour foutre la merde", renchérit Abdoulaï, participant convaincu. "Alors que nous on est volontaires, on a envie de faire ça. On vient dans une optique d'être calmes et respectueux." À côté de lui, un camarade se montre plus optimiste : "Le réveil six heures du matin c'est chaud... Sinon le reste ils vont kiffer !"

Pour Gabriel Attal, le message est en tout cas clair : il n'y aura pas de réformés, et il faudra imaginer des sanctions pour les plus réfractaires. "Aujourd'hui, vous avez un moment qui est obligatoire pour tous les jeunes, qui est la journée de défense et de citoyenneté", explique-t-il. "Un jeune qui ne la fait pas a un certain nombre de verrous pour passer son bac, son permis de conduire... On s'inspirera sans doute de ce même mécanisme. C'est un débat qu'on aura au moment de la discussion législative."

Une mission d'intérêt général à venir

Et pour les jeunes volontaires, le SNU n'est pas tout à fait fini : ils doivent encore réaliser 84 heures de mission d'intérêt général dans leur département d'origine, dans une association sportive, dans le domaine de la santé, du développement durable, ou encore de la culture. Pour les aider dans leur choix, ils ont participé jeudi à des ateliers pour rencontrer des pompiers, des gendarmes et des responsables associatifs. 

"J'aimerais bien le faire dans un hôpital, avec des enfants qui ont des traitements longue durée, pour leur rendre leur journée plus agréable, ou des personnes âgées pour les mêmes raisons", assure Tanguy. "Ça n'était pas du tout dans mon esprit avant, et quand j'ai découvert le forum, je me suis dit que ça avait l'air vraiment super, et que c'est ça que je ferai."

Europe 1
Par Benjamin Peter, édité par Margaux Lannuzel