Un quart des petits cours d'eau de France étaient asséchés au 1er juillet, comme le révèle un décompte réalisé par l'Office français de la biodiversité. Une situation qui n'est pas sans conséquences.
819 petits cours d'eau étaient complètement secs ou en rupture d'écoulement au 1er juillet, comme le révèle la carte des écoulements des petits cours d'eau réalisée par l'Observatoire national des étiages (ONDE), une branche de l'Office français de la biodiversité (OFB).
Une situation inquiétante qui a de nombreuses répercussions sur le monde vivant et sur l'Homme.
Un assèchement rapide
"Ce qui est très impressionnant cette année, c'est qu'on a un assèchement qui est très rapide", explique Claire Magand, chargée de recherche en hydrologie à l'OFB. Car si l'assèchement des cours d'eau est une conséquence habituelle des épisodes de canicule, le phénomène est particulièrement important cette année, avec notamment "une augmentation de 400 stations qui se sont asséchées en un mois".
Un assèchement notamment dû à l'évaporation rapide de l'eau en raison des chaleurs extrêmes, mais aussi aux prélèvements d'eau plus importants pour l'irrigation et l'eau potable, notamment pour prévenir les effets de la canicule.
Un impact sur la qualité de l'eau
Or, "les petits ruisseaux font les grandes rivières", et cette baisse importante du débit des petits cours d'eau impacte directement les plus grands, comme les fleuves et les rivières. Cela n'est pas sans conséquence sur la qualité de l'eau potable.
Comme l'explique l'hydrologue, "quand on a une quantité qui diminue, on a une concentration de polluants et une température de l'eau qui augmentent". Seulement, une hausse de la température entraîne "une désoxygénation de l'eau, et ça demande des efforts de potabilisation qui sont plus importants". Cela entraîne donc également un coût de potabilisation de l'eau plus élevé.
Par ailleurs, la faune et la flore sont aussi des victimes directes de cet assèchement. Non seulement cela entraîne une disparition de leur habitat, mais cela favorise également l'apparition de maladies comme le botulisme. Des centaines d'oiseaux en ont d'ailleurs été victimes ces dernières semaines, notamment dans l'Ouest de la France.