Savoie: la justice oblige un maire à autoriser la construction d'une école musulmane

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Le tribunal administratif de Grenoble oblige le maire d'Albertville en Savoie à autoriser la construction d'une école primaire privée musulmane, qui pourra accueillir jusqu'à 400 élèves.
Le tribunal administratif de Grenoble oblige le maire d'Albertville en Savoie à autoriser la construction d'une école primaire privée musulmane, qui pourra accueillir jusqu'à 400 élèves. © LOIC VENANCE / AFP
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Le tribunal administratif de Grenoble a autorisé la construction d'une école privée musulmane dans la ville d'Albertville en Savoie. Pour le maire de la commune, Frédéric Burnier-Framboret, ce projet pourrait mettre en péril les écoles de la commune et favoriser le communautarisme. 

Le tribunal administratif de Grenoble a obligé le maire d'Albertville en Savoie à autoriser la construction d'une école primaire privée à l'initiative de la Confédération islamique Millî Görüs (CIMG), proche de la Turquie, a-t-on appris vendredi. La décision rendue mardi annule le refus du permis de construire, qui avait été déposé en 2019 par l'association pour implanter une école de 400 élèves dans cette ville d'environ 20.000 habitants. Le tribunal a estimé que les motifs avancés par la mairie, portant notamment sur les places de stationnement, n'étaient pas recevables. Il donne deux mois à cette dernière pour délivrer le permis de construire.

Un projet qui pourrait mettre en péril les écoles de la commune

Dans une tribune publiée vendredi par Le Figaro, le maire (sans étiquette) Frédéric Burnier-Framboret, regrette vivement cette décision, dont il pense faire appel. Il se dit "démuni" pour "contrer l'installation d'associations ou d'entreprises pilotées par des puissances étrangères, qui favorisent une cristallisation identitaire au cœur de nos territoires". Le recours au Code de l'urbanisme était "le seul moyen législatif" à sa disposition pour s'opposer à la construction de cette école, a-t-il fait valoir auprès de l'AFP.

Avec le projet d'accueillir 400 élèves, l'établissement serait "de nature à mettre en péril les classes, voire les écoles" d'Albertville, qui en accueillent aujourd'hui environ 1.200. Un projet de moindre envergure "aurait pu être discuté" mais l'édile dit avoir reçu "une fin de non-recevoir" de la CIMG. Cette association est aussi à l'origine d'un projet de mosquée à Strasbourg, pour laquelle la municipalité écologiste a voté le 22 mars le "principe" d'une subvention de plus de 2,5 millions d'euros, s'attirant de très vives critiques du gouvernement. Le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin avait dénoncé "une fédération qui a refusé de signer la charte des principes de l'islam de France et qui défend un islam politique".

Une école qui "ne peut qu'inciter au communautarisme" estime le maire

Jeudi, lors de l'examen du projet de loi sur le séparatisme, le Sénat a voté un amendement du gouvernement qui prévoit d'obliger les collectivités à informer le préfet, trois mois au préalable, avant toute subvention pour la construction d'un lieu de culte. L'école en projet à Albertville "ne peut qu'inciter au communautarisme", estime le maire. Il précise qu'elle s'installerait à côté d'une mosquée gérée par l'antenne locale de CIMG, avec laquelle il assure avoir "de bonnes relations". Sollicitée par l'AFP au niveau national, la CIMG n'avait pas répondu dans l'immédiat.

Europe 1
Par Europe 1 avec AFP