Le Salon de l'Agriculture bat son plein à Paris. Jusqu'à dimanche, des milliers de visiteurs sont attendus. Cette 62e édition se distingue pourtant des précédentes : inédite, elle se tient sans bovins en raison de la dermatose nodulaire et surtout dans un contexte de crises agricoles à répétition.
C'est un salon qui se déroule sur des braises. Le salon de l'Agriculture édition 2026, aussi appelé la plus grande ferme de France, subit de plein fouet les problèmes que rencontre le monde agricole. Dernier sujet de crispation en date : la vive opposition des agriculteurs à l'accord de libre-échange avec le Mercosur. Mais un autre traité pourrait bientôt raviver la colère du monde paysan : celui actuellement discuté entre l'Union européenne et l'Australie. Dans les allées du Salon, l'inquiétude est palpable.
"Il faut un réveil du consommateur et de la population"
Au cœur du Salon, à la Porte de Versailles, Christophe Chambon, éleveur bovin, ne cache pas ses craintes. Il redoute l'arrivée massive de bœuf australien importé sans taxes, qui pourrait fragiliser encore davantage les exploitations françaises.
"Je ne dis jamais qu'on est fermé à tout, par contre, il faut que les accords commerciaux respectent aussi les normes françaises, c'est capital", explique-t-il. Un peu plus loin, près des moutons, François Valrette, secrétaire général de la Coordination rurale, alerte sur un possible déséquilibre du marché.
Selon lui, l'accumulation des accords commerciaux pourrait avoir des conséquences lourdes pour l'agriculture européenne : "Le Mercosur, plus l'Inde, et maintenant l'Australie... à force ça finit par faire des volumes importants qui viennent déstabiliser le marché européen, et ça, en tant qu'agriculteurs, on ne peut pas l'accepter", confie-t-il au micro d'Europe 1.
Même son de cloche du côté de Jean-Baptiste Sablerol, agriculteur dans l'Aude. Il craint que ce futur accord n'ouvre grand la porte à des produits ultra-transformés, au détriment de la qualité alimentaire : "Une alimentation saine, c'est primordial. Il faut un réveil du consommateur et de la population", plaide-t-il.
Si l'accord commercial entre l'Union européenne et l'Australie venait à être signé, le monde agricole redoute déjà une nouvelle vague de contestations. Un climat tendu qui plane sur cette édition du Salon de l'Agriculture, reflet des profondes inquiétudes qui traversent aujourd'hui la profession.