Salah Abdeslam a parlé pour la première fois devant la justice française pour dédouaner un suspect

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Salah Abdeslam, escorté par deux hommes de la police fédérale lors du premier jour de son procès bruxellois, en février dernier.
Salah Abdeslam, escorté par deux hommes de la police fédérale lors du premier jour de son procès bruxellois, en février dernier. © EMMANUEL DUNAND / POOL / AFP
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Le seul survivant des commandos du 13-Novembre a parlé pour la première fois face à un juge antiterroriste français.

Salah Abdeslam, seul membre encore en vie des commandos djihadistes des attentats du 13 novembre 2015, s'est exprimé vendredi pour la première fois devant le juge français en charge de l'enquête. Une première prise de parole pour dédouaner un suspect, soupçonné de l'avoir aidé dans sa cavale, a indiqué une source proche du dossier.

Confronté à Ali Oulkadi, un proche de son frère Brahim mort en kamikaze le 13 novembre, Salah Abdeslam a affirmé n'avoir "jamais sollicité" l'aide de ce suspect, d'après cette source. Muré dans le silence depuis son transfert de Belgique en France en avril 2016, il a en revanche refusé de s'exprimer sur sa propre implication dans les attaques.

Un homme qui ne pouvait ignorer la préparation des attentats. Le 14 novembre au matin, Salah Abdeslam, déposé à Bruxelles par deux amis, Mohamed Amri et Hamza Attou, venus de Belgique le récupérer en région parisienne, avait rejoint dans un café de la capitale belge Ali Oulkadi. Les enquêteurs considèrent que ce dernier ne pouvait ignorer la préparation des attentats, son ADN ayant été retrouvé dans l'un des appartements "conspiratifs" de la cellule franco-belge ayant servi à la confection des ceintures explosives, à Schaerbeek.

"Il ne pouvait pas savoir que j'étais l'ennemi numéro un". Lors de cette confrontation, révélée par Europe 1 et France Inter, Salah Abdeslam, 28 ans, a affirmé qu'Oulkadi n'était jamais entré dans cet appartement et qu'il n'avait jamais sollicité son aide dans sa cavale, d'après la source proche du dossier. Le 14 novembre, "il ne pouvait pas savoir que j'étais l'ennemi numéro un", a ajouté le suspect-clé des attentats qui ont fait 130 morts à Paris et à Saint-Denis, d'après cette source.

Salah Abdeslam avait été extrait de sa cellule vendredi matin pour cette confrontation qui a duré un peu plus d'une heure, selon des sources concordantes. Des zones d'ombre entourent encore son rôle exact. Les investigations montrent qu'il a déposé les trois kamikazes du Stade de France, au nord de Paris, le soir des attaques, avant d'abandonner une ceinture explosive, laissant penser qu'il devait lui aussi mener une attaque suicide.

Un rôle de logisticien. Proche du Belgo-Marocain Abdelhamid Abaaoud, organisateur présumé des attentats, il a aussi eu un rôle de logisticien, louant véhicules et planques en région parisienne, et est également soupçonné d'avoir convoyé à travers l'Europe, depuis la zone irako-syrienne, dix djihadistes pour la plupart impliqués dans les tueries de Paris et de Bruxelles du 22 mars 2016 (32 morts).