Invité dans l'émission "Pascal Praud et vous", le juriste Amine Elbahi a évoqué la situation de sa sœur, partie en Syrie dans les années 2010 et rapatriée en France en 2022. Au micro d'Europe 1, il revient sur sa lente radicalisation et les signes qui l'ont alerté.
La sœur du juriste Amine Elbahi a rejoint les rangs de Daech dans les années 2010, avant d'être rapatriée par la France en 2022. Détenue à Rennes, elle doit être rejugée prochainement. Dans l'émission Pascal Praud et vous, il évoque la lente radicalisation de la jeune femme à Roubaix.
Le port du voile intégral dans la rue
"Après le bac, elle a pris une année sabbatique parce qu'elle ne savait pas trop quoi faire. Elle souhaitait se réorienter. C'est au cours de cette année sabbatique qu'elle a rencontré une voisine, dont toute la famille était partie (en Syrie). Elle était connue des services de renseignement français. Chacune des personnes de cette famille, notamment les femmes, faisait du recrutement auprès des proches, des amis, des copains", relate-t-il d'abord.
Agé d'un an de moins que sa sœur, Amine Elbahi observe des "signaux" d'une radicalisation, jusqu'à composer le numéro vert "Stop djihadisme" en 2014. "En l'apparence, il n'y avait rien de dramatique. C'est après son départ que j'ai appris que dans la rue, elle mettait le voile, puis le voile intégral. Elle a fréquenté une mosquée connue pour ses liens passés et présents avec le salafisme, et elle a développé ce cheminement avec ses amis", affirme le juriste en droit public.
"Des signaux faibles qu'on ne pouvait pas évaluer à l'époque"
Avant le départ de sa sœur pour la Syrie, Amine Elbahi a constaté une "rupture" avec sa famille. "J'ai senti un changement dans le comportement, avec des revendications politiques, communautaires qui n'avaient aucun sens. Des revendications religieuses à table alors qu'on est dans une famille élevée dans la culture musulmane, mais pas nécessairement dans la pratique", précise-t-il.
"Il y a eu des signaux faibles, qu'on ne pouvait pas évaluer à l'époque", poursuit-il. "Il y a eu des chants religieux salafistes, puis des prédicateurs. Ça a été du voile au niqab", se rappelle Amine Elbahi sur Europe 1.