REPORTAGE - "On a cru que c'était une bombe" : au Teil, le choc des sinistrés du séisme

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REPORTAGE - Après le plus important séisme en France métropolitaine depuis 16 ans, avec une magnitude enregistrée de 5,4, une partie de l'Ardèche se réveille mardi matin sous le choc. Pas moins de 300 habitants du Teil ont eu l'interdiction de retourner chez eux en raison des dangers que présente leur habitation.
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Au Teil, c'est le jour d'après. Mardi, cette petite commune de l'Ardèche s'est réveillée sous le choc au lendemain du plus fort séisme en France métropolitaine depuis 2003. Avec une magnitude de 5,4, le tremblement de terre a fait quatre blessés dans la région, dont un grièvement. Les établissements scolaires vont rester fermés toute la journée et l'heure est désormais à l'évaluation des dégâts pour les sinistrés, dont 300 ont eu l'interdiction de rentrer chez eux. 

Des fissures de 3 cm

Maison par maison, au Teil, les pompiers ont procédé aux toutes premières inspections des logements endommagés. "On répertorie toutes les fissures dans les maisons, pour savoir s'il y a un danger imminent ou pas", explique l'un d'eux. "S'il y a une réplique, il ne faut pas prendre de risque. Maintenant que c'est fragilisé, ça peut tomber."

Pour certaines familles, le séisme survenu lundi après-midi a occasionné trop de fissures et trop de dégâts. "C'est toute la maison qui a bougé de haut en bas", raconte Alain, dont les murs de la villa se sont déplacés de 3 cm. "On aurait dit qu'un avion tombait. La vaisselle a explosé, la télévision est tombée. Toutes les portes fermées à clé ont été ouvertes. Il y aura sûrement beaucoup de travail à refaire parce que sur la façade et à l'intérieur de la maison, ce sont des fissures importantes."

Un bruit "que je n'oublierai jamais"

Ce retraité ne suivra pas les conseils des pompiers : il préfère rester sur place pour déblayer des dégâts énormes. "Au départ, on a cru que c'était une bombe", relate Arlette, l'épouse d'Alain. "Il faut recommencer sa vie à notre âge, c'est un peu dur… Tout est par terre, tout est cassé. Où vous voulez que j'aille ? Ils nous ont dit que c'était dangereux, mais on verra bien."

D'autres se sont montrés plus raisonnables. "Je ne peux pas retourner chez moi, tout est fissuré, ça peut s'écrouler à tout moment", se désole Carmen, qui a passé la nuit dans un des gymnases de la ville. "Pour le moment, je suis là." Elle raconte aussi le choc qui l'a saisie : "J'ai eu très peur et j'ai peur encore maintenant. Ce bruit, je ne l'oublierai jamais. Il y avait de la fumée de partout, de la poussière." Après le choc, viendront ensuite les questions du relogement plus durable de ces personnes, et de leur indemnisation par les assurances.

Europe 1
Par Nathalie Chevance, au Teil, en Ardèche, édité par Thibaud Le Meneec