Rennes : un employé de métro réclame 25 millions d'euros à Keolis pour le vol de son invention

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Jean-Michel Lerussé est employé depuis 2001 par Keolis en tant qu'agent de maintenance.
Jean-Michel Lerussé est employé depuis 2001 par Keolis en tant qu'agent de maintenance. © JEAN-SEBASTIEN EVRARD / AFP
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Jean-Michel Lerussé, 52 ans, estime que Keolis lui a volé son invention : une machine capable de nettoyer rapidement les voies de métro. 

Il se sent floué et trahi par son propre employeur. Jean-Michel Lerussé, employé du métro de Rennes en Bretagne, a décidé de réclamer 25 millions d'euros à Keolis. Il reproche à l'entreprise de lui avoir volé son invention : une machine capable de nettoyer rapidement les voies de métro, a rapporté mercredi Ouest France.

Un travail artisanal... En 2001, Jean-Michel Lerussé est embauché par Keolis en tant qu'agent de maintenance des équipements de voies. Le travail se fait de nuit et de manière artisanale, avec "un seau", "de l'eau" "du savon" et "une brosse". "On devait frotter à la main. Ça représentait près de 1.000 heures de travail et 60 % de notre activité", raconte-t-il au quotidien régional.

... qu'il améliore avec une machine de son invention. L'employé, aujourd'hui âgé de 52 ans, décide alors de plancher sur un moyen d'effectuer plus rapidement sa mission. Ayant suivi dans le passé une formation de mécanicien, il utilise ses connaissances pour concevoir et fabriquer un premier prototype en 2006. Les quatre années suivantes, il le perfectionne jusqu'à obtenir au final une machine efficace qui permet de traiter "350 mètres de voie par nuit contre 100 mètres auparavant". Expérimentée sur les voies du métro de Rennes, l'invention permet à Keolis "de réaliser 87% d'économies sur la maintenance", selon les calculs de l'avocat de Jean-Michel Lerussé, Me Stanislas Wellhoff.

Un brevet pour vendre sa machine dans le monde. Suite logique de sa réussite, l'employé souhaite déposer un brevet "car je savais que de nombreux métros dans le monde pouvaient être intéressés par ce système", explique-t-il. Malheureusement, Keolis décide de publier les caractéristiques de la machine, lui coupant l'herbe sous les pieds. 

Par conséquent, le 20 octobre dernier, Keolis a été assignée en justice devant la 3ème chambre du tribunal de grande instance de Paris pour "violation du devoir de confidentialité de l’employeur, divulgation fautive de l’invention et appropriation et exploitation par Keolis de l’invention", expose Me Stanislas Wellhoff. La somme réclamée "correspond aux économies que réalise et va réaliser Keolis grâce à cette invention et aussi à la vente que le brevet aurait rapporté aux dizaines d’autres métros dans le monde", estime l'avocat. Contactée par Ouest France, Keolis Rennes a refusé de commenter cette affaire.