Réforme Blanquer : "On ne fait jamais la grève dans mon école, mais là, le sujet est vraiment important"

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Virginie Salmen, édité par Anaïs Huet , modifié à
Opposés au projet de loi "sur l'école de la confiance" porté par Jean-Michel Blanquer, les syndicats enseignants appellent à une journée de grève jeudi, qui s'annonce très suivie.

La mobilisation s'annonce forte jeudi chez les professeurs des écoles maternelles et primaires. Selon les chiffres du SNUipp-FSU, principal syndicat du primaire, ils sont 60% à s'être déclarés en grève en Ile-de-France et Paris, 50% dans le Puy-de-Dôme, 40% à Toulouse ou Nantes. Ils protestent contre le "projet de loi pour une école de la confiance" portée par le ministre de l'Éducation Jean-Michel Blanquer, actuellement entre l'Assemblée nationale et le Sénat.

Des profils de grévistes variés. Le projet comporte 25 articles de loi, sur des thèmes très divers, dont certains inquiètent les enseignants. Et pas forcément dans les lieux habituels de contestation. La mobilisation touche aussi des professeurs non syndiqués, ou des directeurs d'écoles qui, d'habitude, ne sortent pas de leurs classes.

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Pour Matthieu, qui dirige une primaire de l'ouest parisien, ce projet de loi est une urgence. Mais plusieurs points l'alertent en particulier. "On ne fait jamais la grève dans mon école, mais là, le sujet est vraiment important. Ce qui m'inquiète, c'est la possibilité de mettre des étudiants non formés devant des élèves, alors qu'ils n'y connaissent rien. Deuxièmement, la création des établissements publics de savoirs fondamentaux crée un flou sur l'avenir des directeurs d'écoles, dont on a besoin pour assurer l'animation, le pilotage et le lien avec les familles." De son côté, le ministère réfute cette possible disparition des directeurs d'écoles maternelles et primaires. Or, beaucoup de professeurs trouvent le texte trop flou et sujet à plusieurs interprétations.

Des points de crispation. Le fameux "article 1" du projet de loin préoccupe aussi beaucoup les professeurs, car il les rappelle à leur devoir d'exemplarité. Ainsi, Jean-Michel Blanquer veut couper court aux dérapages ou aux propos agressifs tenus par certains professeurs sur les réseaux sociaux.

Jeudi, des centaines d'écoles seront donc fermées (le nombre trop important de grévistes ne permettant pas d'appliquer le principe de service minimum d'accueil). Notons enfin que les professeurs de lycée sont eux aussi appelés à la grève contre la réforme du lycée et du bac.