Quatre syndicats lancent un observatoire de la "souffrance infirmière" en ligne

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Face à la "souffrance infirmière", quatre syndicats ont lancé lundi un observatoire à destination de leur profession pour quantifier un malaise maintes fois dénoncé et tenter d'y remédier.
Face à la "souffrance infirmière", quatre syndicats ont lancé lundi un observatoire à destination de leur profession pour quantifier un malaise maintes fois dénoncé et tenter d'y remédier. © GUILLAUME SOUVANT / AFP
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Des syndicats d'infirmiers ont lancé lundi un observatoire en ligne pour quantifier la souffrance au travail au sein de leur profession, dont les membres sont souvent frappés d'épuisement et de dépression.

Épuisement, perte de sens, dépression voire suicide... Face à la "souffrance infirmière", quatre syndicats ont lancé lundi un observatoire à destination de leur profession pour quantifier un malaise maintes fois dénoncé et tenter d'y remédier.

Accessible à l'adresse https://souffrance-infirmiere.fr/, cet observatoire de la souffrance au travail repose sur "un système de formulaire, de suivi et de statistiques", expliquent ses fondateurs, qui représentent les infirmières libérales (Convergence infirmière), hospitalières (SNPI) et scolaires (Snics, Snies).

Pénibilité, manque d'effectifs, cadences infernales...

Il ne s'agit pas d'apporter une "aide psychologique" mais "une aide syndicale pour repérer les causes les plus fréquentes de souffrance au travail", "aider à une résolution" et "évaluer l'impact des mesures prises", selon leur dossier de presse. Le professionnel en souffrance qui remplit une déclaration pourra ainsi être mis en relation avec "un syndicaliste formé à cet effet". "Si un soutien psychologique est nécessaire", il "sera guidé vers une plate-forme spécialisée".

Pénibilité propre au métier (travail de nuit, en horaires alternés, auprès de malades, etc...), à laquelle s'ajoutent le manque d'effectifs, les cadences infernales... "Souvent, le problème n'est pas médical, mais lié à l'impossibilité du travail bien fait", estiment les syndicats. "Des personnes qui souhaitent travailler dans les règles de l'art se heurtent à des organisations qui sacrifient la qualité du travail", dénoncent-ils. Pire, "depuis juillet 2016, 12 professionnels infirmiers se sont donné la mort, soit sur leur lieu de travail, soit en laissant une lettre explicite" sur leur souffrance au travail, assurent les syndicats.

Peur des agressions

La "pression psychologique" s'est aussi "aggravée ces dernières années avec la peur des agressions", qui ont touché 10.800 infirmiers en 2017, selon l'Observatoire national des violences en milieu de santé, et sont à l'origine d'un mouvement de grève entamé mi-mars aux urgences de l'hôpital parisien Saint-Antoine, qui a depuis fait tache d'huile.

Fin 2017, l'organisation Action praticiens hôpital (APH), qui regroupe une dizaine de syndicats de médecins, dentistes ou encore pharmaciens, avait elle aussi lancé son observatoire de la souffrance au travail, dans un contexte de "dégradation des conditions de travail" à l'hôpital.