Un plan anti-drogue présenté à Marseille : "Ça fait des années que c’est pareil, on ne croit plus à rien..."

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Dans les quartiers nord de Marseille, minés par la drogue, les habitants sont partagés entre colère et fatalité, alors que le gouvernement doit annoncer mardi un énième plan de lutte contre les trafics de stupéfiants.
REPORTAGE

Ils ne seront pas moins de quatre ministres mardi à Marseille. Le gouvernement veut montrer qu'il prend à bras le corps la lutte contre le trafic de drogue, avec l’annonce d'un nouveau plan de lutte qui comprend, notamment, la réforme de l'office antistupéfiants. Et le choix de Marseille, où sont attendus Christophe Castaner, Laurent Nuñez, Nicole Belloubet et Gérald Darmanin, n'est pas un hasard.

Les quartiers nord de la ville sont en effet le théâtre de règlements de comptes récurrents, sur fond de trafic de drogue, comme à la cité de la Bricarde, où trois personnes ont encore été blessées par balles le week-end dernier. 

"On a toujours la boule au ventre, et on a peur des représailles", glisse une riveraine à Europe 1. À l’heure du déjeuner, à la sortie de l’école, les guetteurs sont déjà en place, à quelques mètres des mères et de leurs enfants. Rares sont celles qui acceptent de s’exprimer, par peur des réseaux. L’une d’entre-elles, excédée, s’emporte toutefois : "Ça a tiré, il y a eu des blessés apparemment. Nos enfants ne sont pas en sécurité. […] ça fait des années que c’est pareil, on ne croit plus à rien."

Peu de loisirs, du chômage, des réseaux omniprésents...

Dans ces quartiers, les infrastructures sont quasiment inexistantes, regrette Noria, qui a grandi à la Bricarde. "Qu’ils remettent en place les petits commissariats qu’ils ont enlevés dans tous les quartiers, et les centres culturels ! Mes frères en ont bénéficié, ça n’a jamais été des délinquants", rapporte-t-elle.

Peu de loisirs, pas de travail et des réseaux très mobiles : voilà ce qui gangrène ces cités. Un jeune de 20 ans, déscolarisé, nous confie que l’appât du gain l’a fait plonger dans la spirale du trafic. "J’ai déjà guetté, vendu de la drogue… Mais ça ne sert à rien, parce que tu n’avances pas dans ce milieu. Mais un boulot, c’est plus dur à trouver sans diplôme", explique-t-il à Europe 1. À la Bricarde, beaucoup d’habitants n’ont désormais plus qu’une idée en tête : partir.

Europe 1
Par Nathalie Chevance, édité par Romain David