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Prix des carburants : qu’est-ce que vous payez vraiment dans un litre d’essence ?

[Charlotte Siemon/AFP]

Le prix des carburants a atteint de nouveaux records, avec un gazole à 2,41 euros le litre en moyenne. Mais que payez-vous concrètement dans un litre d'essence ?  

Le prix du gazole atteint un nouveau sommet à 2,41 euros le litre, tandis que le SP95-E10 grimpe à 2,17 euros. Il ne s'agit là que de moyennes, et rien ne paraît freiner cette envolée des tarifs à la pompe. L'occasion de se demander de quoi se compose ce prix.

Le prix à la pompe dépend d'abord des cours du pétrole brut, qui en représentent 20 à 30%. S'y ajoutent les coûts de raffinage, de transport et de stockage, qui comptent pour 10 à 15% du total, ainsi que la marge du distributeur, fixée à 2%.

Pour le reste, il s'agit essentiellement de taxes. Elles représentent 60% du prix payé à la pompe.

À quoi correspondent ces taxes ?

Prenons l'exemple d'un litre d'E10 sans plomb 95, facturé en moyenne 2,20€. Les taxes totalisent 1,32€. Si l'on décompose ce tarif, deux taxes pèsent particulièrement lourd : la taxe sur les produits énergétiques (l'ancienne TICPE), qui est une taxe fixe de 60 centimes, à laquelle s'ajoute la TVA à 20%, soit 36 centimes supplémentaires.

Il s’agit donc d’une taxe qui s'ajoute à une autre taxe. Il existe également la CEE (Certificat d'économie d'énergie), d'un montant de 15 centimes par litre, destinée à encourager l'électrification. Sa suppression permettrait une économie d'environ 8 euros par plein.

Où vont ces taxes ?

Les recettes issues de la fiscalité automobile contribuent au budget de l'État et des collectivités locales. Concrètement, ces fonds permettent l'entretien du réseau routier et le financement des transports en commun, mais ils soutiennent également l'éducation, la justice, la santé, le RSA et la transition écologique.

À titre d'exemple, l'installation d'une pompe à chaleur permet de bénéficier de la prime C2E, soit une aide étatique de 2.000 euros, indépendante du niveau de revenus, et financée par les recettes des carburants selon le principe du pollueur-payeur.

Dès lors, la question d'une baisse des taxes sur les carburants, telle que pratiquée dans certains pays comme l'Espagne, se pose pour la France. Si une telle mesure est techniquement envisageable, elle nécessiterait de trouver des sources de compensation équivalentes, ce qui ne résoudrait pas le problème de fond.