Prisons : trois syndicats appellent au "blocage total" lundi

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Les syndicats ont déjà mené des actions de blocage cette semaine.
Les syndicats ont déjà mené des actions de blocage cette semaine. © ANNE-CHRISTINE POUJOULAT / AFP
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Le syndicat majoritaire chez les gardiens de prison a rejeté samedi soir le projet d'accord avec le gouvernement et appelle, comme deux autres syndicats, au "blocage total" des prisons lundi.

Le syndicat majoritaire chez les gardiens de prison, l'Ufap-Unsa Justice, a annoncé samedi soir qu'il rejetait le projet d'accord négocié avec le gouvernement et appelé au "blocage total" des établissements dès lundi à 06h. Il s'agit du troisième syndicat des personnels pénitenciers à rejeter cet accord, enjoignant ainsi à durcir le mouvement des blocages. 

Demande de "revalorisation indemnitaire". Après le rejet par ses militants du texte, l'Ufap-Unsa Justice "acte la demande de revalorisation indemnitaire des personnels", dans un communiqué. L'accord prévoyait la création de 1.100 postes de surveillants en quatre ans, dont 100 cette année. Il portait également sur la définition d'un nouveau régime de détention pour les détenus radicalisés et condamnés ou poursuivis pour faits de terrorisme islamiste, avec le doublement d'ici fin 2018 des capacités d'évaluation de ces prisonniers dans des quartiers spécifiques. Le projet d'accord proposait également un renforcement de la prise en charge des détenus violents et comprenait tout un volet sur la reconnaissance des métiers du monde pénitentiaire. Le texte prévoyait enfin que un renforcement des moyens matériels. 

 

Trois syndicats rejettent l'accord. Avec le rejet de l'accord par l'Ufap-Unsa Justice, ce sont désormais les trois principaux syndicats de la pénitentiaire qui appellent à durcir le mouvement. La CGT a annoncé plus tôt samedi qu'elle ne signerai pas l'accord. "Les éléments qui composent ce projet de texte soumis à ratification sont bien en deçà des attentes des collègues mobilisés", a fait savoir la CGT-Pénitentiaire. SNP-FO, qui n'a pas pris part aux discussions avec le gouvernement, avait qualifié cet accord de "fumisterie", précisant qu'il n'empêcherait pas "les agressions violentes subies par les personnels à court et moyen terme". Les trois ont donc appelé à "un blocage total" des établissements à partir de lundi.

Des blocages en réponse aux agressions. Une grande partie des 188 établissements pénitentiaires français ont été perturbés cette semaine par des blocages et des retards de prise de service des gardiens. Ce mouvement a été déclenché par l'agression à l'arme blanche de trois surveillants et d'un gradé de la prison de Vendin-le-Vieil, dans le Pas-de-Calais, le 11 janvier. Depuis lors, plusieurs autres agressions de surveillants ont été commises par des détenus radicalisés.