Pompiers contre urgentistes : pourquoi la mise en place du numéro unique pour appeler les secours est si difficile

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Deux dispositifs s'opposent : l'utilisation du 112, numéro d'urgence européen déjà existant, ou la création du 113. 1:22
Deux dispositifs s'opposent : l'utilisation du 112, numéro d'urgence européen déjà existant, ou la création du 113. © PASCAL PAVANI / AFP
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Le 15, le 17, le 18 : trois numéros connus pour appeler les secours... mais Samu, police et pompiers devraient bientôt être joignables via un seul numéro unique d'urgence. C'était une promesse du gouvernement, mais en coulisses, c'est une âpre bataille entre pompiers et urgentistes.

Quel sera le futur numéro unique d'appel pour remplacer le 15 (Samu), le 17 (police) et le 18 (pompiers) ? La ministre de la santé Agnès Buzyn a promis qu'il y en aurait un, mais en coulisses, la bataille fait rage entre deux dispositifs : celui porté par les pompiers qui concerneraient toutes les urgences vitales, le 112, et celui porté par les médecins urgentistes qui engloberait toutes les demandes qui concernent la santé, les graves comme les bénignes, avec la création du 113.

Pour les pompiers, un unique numéro pour toutes les urgences

Pompiers contre urgentistes, les rouges contre les blancs. Pour les premiers, il faut simplifier le système et créer un seul et unique numéro pour toutes les urgences, que ce soit une crise cardiaque, un accident de voiture ou le feu dans un appartement. C'est grave ? Un seul numéro : le 112, numéro d'urgence européen déjà existant, avec derrière pompiers, policiers gendarmes et médecins. Et pour les petits bobos sans gravité, mal de dents ou coupure superficielle, un autre numéro serait disponible pour prendre rendez-avec un médecin de ville ou avoir un conseil médical.

Pour les urgentistes, le 113 pour la santé, le 112 pour les urgences de sécurité

Mais pour les blancs, les urgentistes, on ne peut pas laisser les malades évaluer eux-mêmes la gravité de leur situation, c'est trop risqué : avoir mal au bras, c'est une douleur musculaire mais ça peut aussi être le signe avant-coureur d'un infarctus. Ils préconisent donc un numéro unique pour la santé, le 113 cette fois-ci, où des agents régulateurs flécheraient les malades vers les urgences ou alors vers un médecin de ville. Ils pourraient même leur proposer une téléconsultation. Dans ce dispositif, le 112 resterait un numéro d'urgences de sécurité pour la police et les pompiers.

La société française de la médecine d'urgence (SFMU) organise même lundi soir une conférence de presse pour défendre le 113 ainsi qu'une journée Samu-Urgences de France demain entre 10h et 16h pour pousser le 113. Mais le suspense est total : Matignon n'a pas encore tranché entre l'Intérieur et la Santé. 

Europe 1
Par Eve Roger, édité par Séverine Mermilliod