Pour l’Ademe, la France doit faire un effort massif sur les énergies renouvelables et délaisser l’EPR

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Les énergies renouvelables permettront dans 30 à 40 ans de produire une électricité à coût réduit.
Les énergies renouvelables permettront dans 30 à 40 ans de produire une électricité à coût réduit. © LOIC VENANCE / AFP
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Selon une étude de l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe), le développement des énergies renouvelables pour produire de l'électricité permettra dans 30 à 40 ans de d'en réduire le coût.

Développer massivement les énergies renouvelables d'ici 2050 et 2060 est la meilleure façon de produire une électricité à un coût réduit et qui soit la moins chère possible pour les Français, selon une étude publiée lundi par l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe).

Vers un abandon de la filière ERP. Cette étude, qui modélise plusieurs scénarios d'évolution de la production d'électricité française, conclut aussi que "si le prolongement d'une partie du parc nucléaire historique permettrait une transition efficiente, le développement de la filière EPR ne serait pas compétitif".

Apporte un "regard de long terme". Publiée deux semaines après l'annonce de la feuille de route énergétique de la France à horizon 2028 par le gouvernement, cette étude a pour but d'apporter "un regard de long terme" et de "s'assurer qu'un choix fait aujourd'hui ne va pas faire peser des coûts indus à nos enfants et petits-enfants quelques dizaines d'années plus tard", explique le président de l'Ademe, Arnaud Leroy, cité dans le document.

"À chaque fois dorénavant qu'on parle trajectoire énergétique, se pose la question du coût, (...) donc il faut qu'on documente la question de la pertinence économique, de la viabilité économique" des choix possibles pour le pays, a-t-il expliqué.

85% d'électricité provenant des énergies renouvelables comme scénario idéal. Selon les conclusions de l'étude, l'optimum économique serait que les énergies renouvelables fournissent autour de 85% de la consommation d'électricité française en 2050, et plus de 95% en 2060, quelles que soient les variantes considérées (consommation, faible acceptabilité des énergies vertes, prolongement du nucléaire aisé, arrêt automatique des réacteurs nucléaires à 50 ans, etc.).

Une production nucléaire qui va devenir plus chère. L'étude montre également le rôle du nucléaire historique pour accompagner la transition, avec une fermeture progressive des réacteurs à 40 et 50 ans. En revanche, si la France se lance dans un programme industriel de construction d'EPR, alors la part des énergies renouvelables baisserait autour de 75% en 2050 et le coût de production moyen de l'électricité serait globalement plus cher.

Par ailleurs, ajoute Arnaud Leroy, "on se rend compte qu'on n'a plus besoin de subvention dès 2035, à la fois pour l'éolien terrestre et le solaire", qu'aucun besoin de stockage massif n'est nécessaire avant cette date et que ces scénarios permettent d'accompagner un développement important des véhicules électriques, comme d'assurer la stabilité du réseau électrique.