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«Plus de 5.000 euros rien que pour me sécuriser» : à Paris, des commerçants inquiets avant une nouvelle journée de mobilisation

[© Edouard Monfrais-Albertini / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP]

À la veille d'une nouvelle journée de manifestations, jusqu'à 700.000 manifestants étant attendues en France, les commerçants parisiens font grise mine. Baisse de fréquentation, peur des pillages, coût de la sécurité... Ils espèrent un essoufflement du mouvement avant Noël.

Nouvelle journée de manifestations contre la vie chère jeudi, avec jusqu'à 700.000 personnes attendues partout en France. Ces mobilisations ne sont pas sans conséquences pour les commerçants, qui commencent à faire grise mine face à la baisse de fréquentation. À Paris, ils décrivent des rues désertes les jours de cortège.

"Les jours de manifestations, il n'y a personne, c'est clair." C'est le cri du cœur d'une fleuriste, désespérée de voir sa boutique déserte depuis trois semaines. Dans une rue voisine, Paul, vendeur de vêtements, a perdu plus de 1 % de son chiffre d'affaires en octobre. Il s'estime chanceux par rapport à d'autres, mais voit bien que le quartier est abandonné par les clients, notamment par les touristes : "Nous, on travaille beaucoup avec les étrangers et ils ont peur de venir. On a beaucoup de Londoniens, de Belges qui viennent à la journée, donc là on en aura beaucoup moins. Je pense aussi que les gens en ont un peu ras-le-bol de tout ça."

"Peur de se faire piller"

Un peu plus loin, dans la boutique de vêtements voisine, Jeanne travaille la boule au ventre. "Au niveau de République, on est toujours impactés les jours de manifestations, donc on a toujours un petit peu peur. Peur de se faire péter la vitrine, de se faire piller, de perdre du chiffre d'affaires", confie-t-elle.

Ce sont les pillages qui inquiètent aussi Arnaud, qui fait appel à un vigile privé malgré le prix exorbitant. "J'en suis déjà à plus de 5.000 euros de dépenses rien que pour me sécuriser. Ça coûte très cher, donc non, on ne s'y retrouve pas."

Tous espèrent un essoufflement des manifestations à l'approche de Noël, pour relancer leurs commerces.