Plongée dans le business du running, un sport "qui chiffre"

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A deux jours du marathon de Paris, Europe 1 s'est plongée dans le monde du running. Un business à 850 millions d'euros par an qui pèse plus que le football. 
ENQUÊTE

C'est un sport qui pèse deux fois plus que le football en France. Le running est pratiqué par plus de 13 millions de Français et représente un énorme marché de 850 millions d'euros par an, à se partager entre les marques. Un véritable business dans lequel s'est plongée Europe 1, à deux jours du marathon de Paris, qui affiche cette année 60.000 inscrits, un record. 

Une paire de basket, une bonne dose de motivation, et voilà. En théorie, ce sont les deux seuls éléments nécessaires pour pratiquer le running. Seulement dans les faits, un coureur dépense en moyenne 524 euros chaque année pour cette passion. "On m'a dit qu'il fallait avoir une montre [connectée, ndlr], donc j'en ai acheté une, un achat conséquent", confirme Isabelle, 42 ans, qui s'apprête à affronter pour la première fois les fameux 42,195 kilomètres, dimanche. "Ensuite, je me suis dit que mes baskets dataient un peu, donc je me suis achetée deux paires. Mais aussi quelques leggings, des débardeurs, des sous-vêtements et des paires de chaussettes", détaille-t-elle au micro d'Europe 1.

" On dit que le running est un sport qui n'est pas cher, mais ça chiffre "

"Si j'additionne toutes les dépenses, équipement, préparation, alimentation, dossard [du marathon de Paris, entre 89 et 119 euros, ndlr], j'arrive à 1.260 euros. Je ne m'y attendais pas du tout, on dit que le running est un sport qui n'est pas cher, c'est vrai que ça l'est moins qu'un abonnement dans un club de tennis, mais ça chiffre", souffle-t-elle. Sans compter que pour mettre toutes les chances de son côté pour dimanche, Isabelle a dépensé quelques dizaines d'euros supplémentaires en crèmes anti-frottements ou en gels pour l'endurance.

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Une fois la montre au poignet, il y a aussi les applications. Véritables coachs virtuels, elles permettent de mettre sur pied des programmes d’entraînements pour des échéances précises, comme le marathon de Paris, mais aussi de calculer ses performances en temps réel. Antoine, qui va participer au semi-marathon de Nantes du 28 avril, a investi dans une de ces applications : Fréquence Running. "Je me suis inscrit pour six mois, ça m'a coûté 42 euros", explique-t-il au micro d'Europe 1.

Les chaussures, le nerf de la guerre des équipementiers

Courir peut donc coûter cher. Mais si les prix des montres de running peuvent aller d'une centaine d'euros à près de 500, selon le site running-addict, ce sont des achats ponctuels, que les pratiquants rentabilisent sur plusieurs années, contrairement aux chaussures, dont il est conseillé de changer une à deux fois par an selon le rythme. C'est pour cela que les baskets constituent le nerf de la guerre des équipementiers. Avec un prix oscillant autour des 120 euros, elles représentent 44% du budget des coureurs - si deux paires sont achetées chaque année. Et le numéro un du secteur, le Japonais Asics, l'a très bien compris. En plus de l'innovation, il mise beaucoup sur le marketing de ses modèles, dont les présentations peuvent parfois ressembler à celles d'Apple pour les iPhones.

Et quand on sait qu'il se vend chaque année 8 millions de paires - soit 500 millions d'euros -, la concurrence est rude et le marketing est primordial pour attirer les coureurs. Mais les équipementiers font face à un problème : chaque runner est unique. "Les marques sont obligées de répondre à la segmentation des publics", confirme Virgile Caillet, directeur de "l'Union Sport et Cycle", qui représente les entreprises du sport. "C'est un enjeu un peu nouveau et très difficile parce qu'il faut à la fois à chercher les femmes, les plus jeunes du peloton, ceux pour qui le running n'est pas le sport de prédilection mais qui sont des coureurs occasionnels, sans oublier les pratiquants assidus".

Europe 1
Par Aurélien Fleurot, édité par Ugo Pascolo