Plan hivernal : "Il faut sortir de cette gestion au thermomètre"

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Sur Europe 1, le directeur général de la Fédération nationale des associations d'accueil et de réinsertion sociale regrette un manque de places pérennes annoncées dans le plan hivernal du gouvernement, vendredi.
INTERVIEW

Pour lui, le verre est plutôt à moitié vide. Invité d'Europe 1, vendredi, le directeur général de la Fnars (Fédération nationale des associations d'accueil et de réinsertion sociale) s'est dit déçu par le plan hivernal du gouvernement qui reprend l'essentiel des mesures de l'année dernière, sans hausse massive des moyens alloués à cette cause. 

Un calendrier mieux géré… "Nous constatons des avancées par rapport à l'année dernière, au moins en termes de calendrier et d'anticipation", concède Florent Guéguen. "Ce plan nous est présenté plus tôt, il y a une mobilisation des services de l'État, des associations et des collectivités locales pour essayer de récupérer au plus vite des sites et ouvrir des centres d'accueil dans des bâtiments publics. En mobilisant, aussi, les entreprises privées qui détiennent du patrimoine vacant."

… mais un hiver a priori plus difficile. Pourtant, avec 136.000 places d'hébergement d'urgence ouvertes cet hiver, "on reste au même étiage, or l'année dernière a été un hiver très difficile avec beaucoup de gens dehors et beaucoup de taux de refus au 115". Et rien ne dit que les prochains mois vont être plus faciles à gérer : "Les chiffres que nous avons, issus des 115 et des maraudes, nous montrent que l'hiver sera au moins aussi difficile, si ce n'est plus, en termes de demandes d'accès au logement ou à l'hébergement."

Des moyens budgétaires insuffisants. Florent Guéguen insiste sur une chose : la nécessité de "sortir de cette gestion au thermomètre", quand "on ouvre des places dès qu'il fait froid et on les ferme à partir du 31 mars". "On l'a vu au printemps, quand on ouvre des places seulement l'hiver, on se retrouve avec des remises à la rue de personnes massives au printemps et à l'été", s'agace le représentant associatif. "Ce qui compte, in fine, c'est le nombre de places et de logements disponibles et les moyens budgétaires. Là-dessus on reste à un niveau très insuffisant si on veut améliorer la situation."

Avec, en ligne de mire, des mesures moins court-termistes à mettre en place, selon lui : "La clé, c'est l'accès au logement social, il faut produire beaucoup plus de logements très sociaux, réellement accessibles aux plus pauvres, en particulier dans les grandes villes, parce que c'est là où le logement est cher et où la demande est la plus forte."