Plaintes pour harcèlement et agression sexuelle : l'effet #MeToo "en train de retomber" à Paris

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François Molins a été interrogé par "Le Parisien" (photo d'archives).
François Molins a été interrogé par "Le Parisien" (photo d'archives). © CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP
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Selon le procureur de Paris François Molins, interrogé par Le Parisien, l'augmentation du nombre de plaintes pour harcèlement et agression sexuelle constatée à l'automne à Paris ne s'est pas maintenue. 

On est habitué à l'entendre sur des dossiers terroristes. Mais dans une interview au Parisien, publiée dimanche soir, le procureur de Paris François Molins s'exprime sur un autre sujet brûlant de l'actualité : les violences faites aux femmes. 

Retour à "la situation antérieure". Le procureur revient sur la hausse du nombre de plaintes pour harcèlement et agression sexuelle constatée dans le sillage des mouvements #BalanceTonPorc et #MeToo, qui ont libéré la parole des femmes. "Nous avons connu une augmentation de 20% à 30%" pour ces affaires à Paris, explique-t-il, évoquant un "pic" en octobre, avec 154 plaintes en un seul mois. "Mais cet effet est en train de retomber pour revenir à la situation antérieure, soit entre 80 et 120 plaintes par mois", poursuit-il. "Quant aux viols, les chiffres sont restés stables avec environ 700 plaintes annuelles."  

"Parler s'avère indispensable". Interrogé sur les réflexes à avoir après une agression, François Molins répond qu'il est indispensable "de le signaler sans attendre". "Plus une victime tarde à le faire, plus elle rend difficile le travail de la police et de la justice. En gardant les choses pour soi, on ne rend service à personne et surtout pas à soi", souligne-t-il. "J’ajoute que parler s’avère indispensable pour faire échec à ces agresseurs en série qui profitent du silence autour d’eux."