Plainte contre la police pour "tentative d'homicide" en marge d'une manifestation des "gilets jaunes" : "On m'a cassé le crâne"

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Grièvement blessée le 8 décembre à Marseille, en marge d'une manifestation des "gilets jaunes", Maria, 19 ans, a dû subir une intervention crânienne. Elle accuse désormais la police de "tentative d'homicide".
TÉMOIGNAGE

À l'issue du quatrième samedi de mobilisation des "gilets jaunes", le 8 décembre, Maria, une jeune fille de 19 ans, disait avoir été frappée par des policiers. Grièvement blessée, la jeune fille a finalement porté plainte cette semaine pour "tentative d'homicide".

Maria aurait été agressée par les forces de l'ordre en fin de journée, alors qu'elle venait de quitter le magasin où elle travaille comme vendeuse. "Je n'ai même pas eu le temps de courir que je me suis pris un Flash-ball dans la jambe droite. Je suis tombée, j'ai voulu me relever et je me suis pris un coup de pied dans la tête. On m'a cassé le crâne", raconte la jeune fille à Europe 1. "J'ai senti le coup de matraque dans ma bouche, c'est là qu'ils m'ont cassé une dent".

"Je ne sais même pas combien ils étaient sur moi"

À Mediapart, la jeune fille avait avoué avoir fait éclater dans la rue des pétards achetés "pour les utiliser un soir de match de foot", une dizaine de minutes avant d'essuyer "la charge de police". "J'ai encore voulu me relever mais j'ai senti du sang partout sur ma tête. Je me suis repris des coups sur le visage et dans les jambes. Je ne pouvais pas me relever. Je ne sais même pas combien ils étaient sur moi, je ne voyais même plus autour de moi", poursuit Maria auprès d'Europe 1.

De multiples blessures sur le crâne et le visage

Transportée par les pompiers à l'hôpital de la Timone, Maria a été opérée par un neurochirurgien. À l'époque, une photo montrant des blessures sévères à la tête avait été relayée sur les réseaux sociaux, faisant état d'un traumatisme crânien et de contusions cérébrales. "J'ai eu une fracture crânio-faciale, un bleu sur le cerveau et un œdème jusque derrière l'oreille", précise aujourd'hui Maria.

"J'ai pris quatre mois d'arrêt de travail, et un cinquième parce que je n'arrivais pas à y retourner", confie-t-elle. "Depuis que je suis sortie de l'hôpital, soit je fais des cauchemars, soit je ne dors plus." Elle explique toutefois se sentir mieux depuis qu'elle a réussi à reprendre son emploi, "même si le travail cache juste la douleur".

Europe 1
Par Nathalie Chevance, édité par Romain David