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Périscolaire : «Pendant dix ans, les parents n'étaient pas entendus par l'institution», accuse Inès de Raguenel

[Europe 1 ]

Alors que l'audition de l'ancienne maire de Paris Anne Hidalgo se tient au Sénat, Inès de Raguenel affirme que les alertes des familles sur le périscolaire parisien ont été ignorées pendant des années. Pour l'élue parisienne, l'ampleur actuelle du scandale trouve son origine dans cette incapacité de l'institution à entendre les parents.

Pour Inès de Raguenel, le cœur du problème ne réside pas seulement dans les faits aujourd'hui examinés par la justice, mais dans la manière dont les alertes auraient été traitées au fil des années. Invité d'Europe 1 matin pour évoquer les scandales de violences dans le périscolaire parisien, et alors que l'ancienne maire de Paris Anne Hidalgo est auditionnée au Sénat, l'élue du 15e arrondissement rappelle qu'"aujourd'hui, on a une ouverture complète du dossier avec plus de 200 enquêtes pénales" et des centaines de familles confrontées à un long parcours judiciaire.

Mais selon elle, cette situation n'est pas le fruit d'une défaillance ponctuelle. "Pendant dix ans, toutes les remontées d'informations des parents n'étaient pas entendues par l'institution", affirme-t-elle. "Quand les parents parlaient, les parents n'étaient pas entendus par l'institution", ajoute-t-elle, estimant que les signaux d'alerte auraient dû être pris en compte bien plus tôt.

"Des centaines de familles vivent depuis des mois, des années, avec leurs douleurs"

L'élue explique accompagner depuis plusieurs mois certaines familles confrontées à ces situations. "Des centaines de familles, des centaines d'enfants victimes vivent depuis des mois, des années, avec leurs douleurs", déclare-t-elle. Selon elle, les responsables politiques ont désormais un devoir de vérité envers ces parents mais aussi envers l'ensemble des familles parisiennes. "Le politique doit la vérité", martèle-t-elle, afin que les parents puissent continuer à confier leurs enfants à l'école publique "dans un cadre sécurisé".

Derrière les procédures en cours et les auditions qui se succèdent, Inès de Raguenel voit donc une question plus large : celle de la confiance entre les familles et les institutions chargées d'assurer la protection des enfants. Elle estime d'ailleurs que cette difficulté demeure aujourd'hui encore. "Les enfants ont toujours parlé", assure-t-elle, considérant que le principal obstacle reste la capacité de l'institution à entendre et faire remonter les signalements transmis par les parents.