Le scandale du périscolaire parisien a provoqué un séisme, avec plusieurs animateurs déjà condamnés devant la justice. Invité de l'émission "La France bouge", Jean-Emmanuel Rodocanachi, le PDG du groupe Grandir, souhaite que les certifications pour la petite enfance soient appliquées pour l'encadrement d'enfants de tous âges.
Ce mardi 22 septembre, le parquet de Rennes a annoncé la mise en examen d'un animateur périscolaire pour viols et agressions sexuelles sur des fillettes âgées de 4 et 5 ans. Une nouvelle affaire liée au scandale du périscolaire, notamment parisien, qui a remis en cause la sécurisation des enfants dans les établissements.
Invité de l'émission La France bouge, Jean-Emmanuel Rodocanachi, PDG du groupe Grandir, a tenu à distinguer deux secteurs bien différents : d'un côté, le périscolaire pour les enfants de plus de 3 ans, et de l'autre, la petite enfance, avec des règles plus strictes.
7.000 profils écartés sur un million de personnes
"La petite enfance, c'est sous la tutelle du ministère de la Famille. C'est cinq diplômes d'État pour y accéder et rien d'autre, pour des enfants de 0 à 3 ans. Et c'est aussi un certificat d'honorabilité que la haute-commissaire à l'Enfance, Sarah El Haïry, s'est battue pour obtenir et a mis en place il y a maintenant deux ans", a-t-il déclaré.
Ainsi, il soutient que ce certificat d'honorabilité "a permis de contrôler un million de personnes en crèche et au sein de l'Aide sociale à l'enfance (Ase), dans les foyers". Ainsi, il précise que "7.000 personnes ont été rejetées", soit 0,7%, "la grande majorité étant dans les foyers de l'Ase".
Jean-Emmanuel Rodocanachi assure ainsi qu'aucun individu n'a le droit de "commercer sa première heure de travail si vous n'avez pas le certificat d'honorabilité", qui vérifie le casier judiciaire N°2 et N°3, ainsi que celui des violences et actes sexuels commis sur des enfants. "Avant, pour les crèches en France, vous n'aviez l'accès pour l'employer qu'au casier N°3. Là, on est allé beaucoup plus loin", estime-t-il.
Sur la question du périscolaire, le directeur général du groupe Grandir rappelle que le secteur du ministère de l'Éducation nationale, de la Jeunesse et des Sports, fonctionne "avec ses propres critères de sélection". Selon lui, c'est bien sur cet aspect administratif que le problème se concentre.
"Quelque chose que l'on peut regretter, c'est que ces deux administrations ne se soient pas dit qu'il était peut-être temps qu'on applique le certificat d'honorabilité, parce qu'à l'évidence, il y a des trous dans la raquette. Et ainsi, pour les enfants de 4 à 15 ans, dans un centre de loisirs ou en colonie de vacances, il y a zéro diplôme obligatoire, il n'y a parfois pas de CV, pas de lettre de motivation. C'est malheureusement la porte ouverte à ces excès qu'on a aujourd'hui", a-t-il conclu.