Dans la nuit de lundi à mardi, le drapeau israélien, monté comme les 194 autres sur un mât en bambou dans le cadre d'une installation artistique, a été aspergé de peinture rouge et une "décision collégiale" des artistes et des institutions a été prise le lendemain de le retirer.
C'est une décision qui n'est absolument pas du goût de l'ambassade d'Israël en France. Ce mercredi, un drapeau israélien, aspergé de peinture rouge, a été retiré alors qu'il figurait parmi 195 autres drapeaux au cœur d'une installation artistique dans le cadre de la Paris Design Week. Cette installation a pour ambition de "créer de la cohésion sur une place chargée d'histoire" et de mettre en avant ces drapeaux cousus avec des vêtements recyclés, a expliqué à l'AFP le designer Jean-Sébastien Blanc, qui l'a conçue avec Claire Renard.
Dans la nuit de lundi à mardi, le drapeau israélien, monté comme les autres sur un mât en bambou, a été aspergé de peinture rouge et une "décision collégiale" des artistes et des institutions (Mairie de Paris, Centre des monuments nationaux...) a été prise le lendemain de le retirer, a expliqué l'artiste français. "On ne souhaitait pas laisser un drapeau qui semblait tâché de sang parce que ce n'était pas notre parti pris", précise Jean-Sébastien Blanc.
"Une décision particulièrement grave"
Dans un communiqué sur X, l'ambassade d'Israël en France a réagi en disant sa "consternation". "Le retrait du seul drapeau israélien constitue une décision particulièrement grave et soulève de sérieuses interrogations sur l'hostilité particulière dont ce drapeau fait l'objet de la part de la Ville de Paris et des organisateurs", estime l'ambassade.
📢 Communiqué de presse concernant la décision de ne pas remplacer le drapeau israélien après sa dégradation volontaire dans l’installation “La Re-prise de la Bastille”. pic.twitter.com/JosZXTcmH5
— Ambassade d'Israël en France (@IsraelenFrance) September 16, 2026
"Une telle logique est difficilement compatible avec les valeurs de paix, d’unité et de dialogue revendiquées par l’installation. De plus, ce choix est une capitulation inacceptable à la violence et à un terrorisme culturel que veulent créer certains", poursuit l'ambassade.
De son côté, Jean-Sébastien Blanc fait valoir que ce drapeau était, comme les autres, une "œuvre unique", fruit de quatre heures de travail, et qu'il ne pouvait être remplacé sans dénaturer une œuvre centrée sur "le réemploi des vêtements". Selon l'artiste, la crainte de "dégradations" en cas d'installation d'un nouveau drapeau israélien a aussi pesé dans la balance.
"Là où c'est emblématique de notre époque, c'est que cette œuvre témoigne du fait qu'Israël catalyse tout un tas de haines alors qu'il y a aussi les drapeaux de la Russie, de la Corée du Nord ou de la Chine", détaille Jean-Sébastien Blanc. "Ce n'est pas parce qu'on a décidé de représenter toutes les nations de ce monde ensemble qu'on cautionne tous les gouvernements", ajoute-t-il.