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Ouverture aux automobilistes de l'A69 Toulouse-Castres, après quatre ans de bras de fer

[Pat Batard / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP]

Contestée pendant quatre ans par des associations écologistes, l'autoroute A69 a accueilli ses premiers automobilistes vendredi matin. Mais le tarif de 20,40 euros l'aller-retour entre Toulouse et Castres suscite des critiques, y compris parmi les partisans du projet.

L'A69, dont la construction a été contestée quatre années durant par des associations écologistes, a été mise en service vendredi matin, pour relier Toulouse à Castres à un tarif jugé trop élevé, y compris par les plus chauds partisans de l'autoroute, a constaté un journaliste de l'AFP.

Dans un brouillard épais et en l'absence d'opposants, les premiers automobilistes ont emprunté l'autoroute peu après 10H45 devant les médias réunis sur la chaussée à Verfeil (Haute-Garonne) lors d'une visite organisée par Atosca, le concessionnaire du tronçon de 53 km.

Un prix élevé

Le prix d'un aller-retour Toulouse-Castres, parmi les plus élevés de France, sera de 20,40 euros, selon les tarifs publiés jeudi au Journal officiel, en ligne avec ceux annoncés par Atosca.

Ce tarif suscite des critiques jusque dans les rangs des défenseurs les plus convaincus de la nouvelle infrastructure. "Comme les Tarnais, je me sens trahi!", avait affirmé le président (PS) du département, Christophe Ramond, pro-A69 depuis le début. "Ce montant ne correspond pas à la parole donnée par l'Etat", selon M. Ramond, pour qui ces prix sont "beaucoup trop élevés pour les Tarnais".

"On n'est pas du tout l'autoroute la plus chère", a déclaré peu avant l'ouverture de l'A69 le directeur général d'Atosca, Martial Gerlinger, estimant que "pour une autoroute récente, elle est parmi les moins chères". Il a dit s'attendre à 10.000 véhicules par jour "en régime de croisière".

"C'est l'aboutissement d'un projet engagé il y a plusieurs années", a déclaré le ministre des Transports Philippe Tabarot, vendredi matin sur X. "Quelles qu'aient été les positions de chacun sur ce dossier, nous pouvons nous satisfaire de voir cette étape franchie et ce projet entrer dans une nouvelle phase. Soutenue par les élus du territoire, l'A69 entre désormais dans sa phase d'exploitation", a-t-il ajouté.

"La décision d'autorisation de mise en service de l'autoroute A69 a été signée", avait indiqué jeudi soir le ministère des Transports à l'AFP, confirmant la levée des dernières réserves concernant la sécurité de la nouvelle infrastructure.

Un combat de longue haleine

L'autoroute A69 a donné lieu à une contestation d'associations écologistes entamée avant le début du chantier, en 2023, et marquée par des manifestations, parfois émaillées d'incidents avec les forces de l'ordre, ou de nombreux recours juridiques.

Ces opposants à l'A69 ont notamment obtenu fin février 2025 la suspension des travaux par le tribunal administratif de Toulouse, qui avait estimé que le projet ne présentait pas un "intérêt public majeur" justifiant les atteintes à l'environnement qu'il causait.

Mais, dès fin mai 2025, la cour administrative d'appel de Toulouse avait autorisé la reprise du chantier, qui cette fois-ci ne devait plus s'arrêter jusqu'à la fin des travaux.

"Comme un symbole, c'est dans un brouillard à couper au couteau que se tiendra une mise en service glauque, celle d'une A69 vide à 20,40 euros aller-retour, alors que les forceurs du projet quittent le navire. C'est aussi un jour de grande lâcheté. Pas d'inauguration faute de volontaires pour couper le ruban", a déclaré dans un communiqué le collectif d'opposants La Voie est Libre (LVEL).