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«On se met tous en rond et on protège l'entrée» : ces lycéens qui protègent leur établissement et ne veulent pas laisser la rue aux casseurs

La façade, non dégradée, du collège-lycée Ampère, à Lyon. [Jean-Luc Boujon / Europe 1]

Cette journée du 6 octobre doit marquer l'acte III des manifestations lycéennes à travers la France pour demander au gouvernement plus de moyens pour l'éducation. Derrière le risque de débordements, de nombreux lycéens ne veulent pas laisser prospérer les violences. Illustration au collège-lycée Ampère, à Lyon, où des jeunes ont réussi à éviter l'escalade et la casse.

À deux pas de l'Hôtel de Ville de Lyon (Rhône), le lycée Ampère regroupe plus de 800 élèves dans ses murs. Depuis le début du mouvement de manifestations des élèves, trois blocus se sont déroulés devant l'entrée de l'établissement, mais sans aucune violence. Car les lycéens, mobilisés, ont tout fait pour l'éviter.

"Les casseurs viennent des lycées Diderot et Herriot parce qu’eux n'ont pas cours... Ici, il y a plein de poubelles ici, avec aussi des barrières. Du coup, on se met tous en rond et on protège l'entrée", raconte Maéra, élève âgée de 15 ans.

"Les CRS sont avec nous", clament les lycéens d'Ampère

Elle dénonce également "des casseurs qui veulent brûler la porte" de l'établissement et les poubelles, créant un risque d'embrasement de tout le bâtiment. "Sachant que notre lycée est vraiment très ancien et précieux et qu'il y a vraiment des choses très intéressantes dedans, on essaie au maximum de ne pas l'abîmer. On fait une grande chaîne humaine pour le protéger", poursuit-elle.

Éliminer les violences, il en va de la crédibilité de notre mouvement, explique quant à elle Rosalie, scolarisée en classe de 1ère. "C'est très important pour nous de rester pacifiques. On demande plus de moyens pour les lycées. Donc ce serait bête de le montrer en cassant les moyens que l'on a. Pour moi, les casseurs décrédibilisent notre cause. Et en manifestant simplement, sans rien casser, c'est le meilleur moyen pour se faire entendre de la bonne manière", assure-t-elle.

Même les CRS sont vus ici comme des alliés. "Pour le moment, dans notre mouvement pacifique, les CRS sont avec nous. Parfois, ils enlèvent même leurs casques et discutent. Et parfois, ils s'en vont carrément, parce qu'ils ont vu que le mouvement ici n'avait pas pour but de détruire", martèle Annie, élève de seconde.

Un discours qui tranche... Les lycéens d'Ampère espèrent donc parvenir à conserver la bonne tenue de leur mouvement, ce mardi, malgré une tension qui sera probablement beaucoup plus élevée.