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«On n'est pas prêts face à cette tragédie» : dans le Var, le feu toujours pas fixé et les pompiers restent très prudents

Aux heures les plus critiques, 365 sapeurs-pompiers étaient mobilisés sur cet incendie. [Thibaud MORITZ / AFP]

L'incendie qui s'est déclaré dimanche dans le Var n'est toujours pas fixé ce lundi. Si les pompiers estiment que "le pire est passé", ils restent très prudents face à des vents changeants et à des températures pouvant encore dépasser les 40°C. Plus de 200 hectares ont déjà brûlé.

L'incendie qui s'est propagé très rapidement dimanche après-midi dans le Var n'est "pas encore fixé", lundi à la mi-journée. Les sapeurs-pompiers restent "prudents", a déclaré le directeur du Service départemental d'incendie et de secours (Sdis) du Var, Éric Grohin, lors d'un point presse.

"Le pire est passé sur ce feu-là, très certainement", a estimé Éric Grohin. Les secours espèrent désormais "une petite accalmie des risques" dans l'après-midi. "Mais on a quand même des vents très fluctuants, brise de mer et vent d'ouest (...), donc on reste très prudents."

Les températures dans le Var, qui ont été les plus élevées de France dimanche, pourraient encore dépasser les 40°C lundi, selon Météo-France.

Une dizaine d'habitations endommagées

Le feu, qui s'est déclaré à Taradeau, au nord-ouest du golfe de Saint-Tropez, dimanche vers 15 heures, a connu d'importantes "sautes", se propageant jusqu'à la commune voisine des Arcs-sur-Argens. Il a parcouru 200 hectares, détruit quatre maisons et quinze véhicules. Une dizaine d'autres habitations ont également été endommagées.

"Je voyais fumer là-bas, je me suis dit : 'Ça y est, c'est parti'. Après, je me suis mis au portail et d'un coup les flammes sont passées par-dessus les pins. Je n'ai même pas eu le temps de prendre les lances, en une minute, les flammes descendaient ici", raconte un habitant de la commune.

Pour une autre habitante, malgré les efforts d'entretien de la mairie, "on n'est pas prêts face à cette tragédie". "Ce ne sont que des dégâts matériels à l'extérieur pour nous, mais il y a des voisins qui n'ont pas eu cette chance. C'est pour cela qu'on s'estime chanceux. Si j'ai bien compris, il y a 10 maisons qui ont brûlé", déplore-t-elle.

Ces importantes "sautes", "avec la sécheresse et les fortes températures, c'est extrêmement classique", a expliqué Éric Grohin.

365 sapeurs-pompiers mobilisés

Au total, sur les deux communes, les gendarmes et les sapeurs-pompiers ont procédé à l'évacuation de 150 personnes, qui ont trouvé refuge dans des salles des fêtes et une école. Vers 22 heures, les habitants évacués de Taradeau ont pu regagner leur domicile, tout comme ceux de certains quartiers des Arcs-sur-Argens.

Lors du point presse organisé lundi au poste de commandement des Arcs-sur-Argens, des avions Dash reprenaient leurs largages sur la commune. Aux heures les plus critiques, 365 sapeurs-pompiers étaient mobilisés sur cet incendie, a précisé Éric Grohin.

Le directeur du Sdis a estimé que le débroussaillement était "pas si mal fait" dans cette zone, mais que certaines espèces d'arbres posaient problème, notamment les cyprès, "qui brûlent beaucoup" et peuvent enflammer les toitures lorsqu'ils sont plantés à proximité des habitations.

"Une boule de feu qui est arrivée sur la ville"

Le maire des Arcs-sur-Argens, Marcel Florent, a décrit "une boule de feu qui est arrivée sur la ville" dimanche soir. "Même les pompiers ont dû se mettre en sécurité", a-t-il raconté.

Le Var est toujours placé en vigilance orange pour la canicule. Quatre massifs forestiers — la Sainte-Baume, les Maures, le Centre-Var et le Haut-Var — restent fermés en raison d'un risque d'incendie très élevé, indique la préfecture.

Mardi, le Var, comme les Bouches-du-Rhône, le Vaucluse et le Gard, sera placé en risque "très élevé" de feux de forêt. Vingt-huit départements seront par ailleurs classés en risque "élevé".