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«On ne pourra pas tenir» : épuisées et visées par les violences, les forces de l'ordre au bord de la rupture

Policiers et gendarmes font face à une usure physique et psychologique après plus d'un mois de mobilisation. [Claire Série / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP]

Confrontés à la répétition des mobilisations contre la vie chère et aux violences sur le terrain, policiers et gendarmes font face à une usure physique et psychologique.

Alors que les mobilisations et les contestations s'enchaînent depuis la rentrée, 70 000 policiers et gendarmes étaient encore mobilisés hier dans toute la France pour sécuriser la manifestation contre la vie chère et éviter les débordements. Problème, la fatigue se fait sentir, sans compter les blessés, avec 112 forces de l'ordre à nouveau touchées ce jeudi dans leurs rangs.

De la violence envers les forces de l'ordre

Ce policier, fort de ses 30 ans d'expérience, fait partie de ces hommes grâce à qui le pays tient encore. Mais depuis trois week-ends, il vit l'enfer : "C'était le 17 octobre. On était à trois, on s'est retrouvés encerclés. Donc là, on reçoit des coups entre les projectiles. Ils nous insultent sans arrêt. Assassins, racistes, ACAB. 'Tous les policiers sont des bâtards', si on le traduit d'anglais au français, le moral, il en prend un coup".

Mais la police doit intervenir avec empathie, selon les mots d'Emmanuel Macron. Une consigne qui fait réagir l'agent : "Ils veulent nous tués, ils viennent avec des mortiers, on ne peut pas intervenir avec empathie".  Et qui dit contexte hors norme, dit aussi vie privée impactée : "Ce week-end, j'ai été rappelé pour samedi alors que je ne devais pas travailler. Ma compagne le prend mal, puis surtout elle s'inquiète. On ne sait pas à quelle heure on va rentrer et dans quel état on va rentrer. Et moi j'ai envisagé de quitter la police. Ce qui me retient c'est que j'ai envie de servir mon pays, surtout en ce moment".

Une usure générale qui va tôt ou tard poser un vrai problème de sécurité nationale, avertit Christophe Amance du syndicat Unité Haute-Garonne : "On ne va pas se mentir, on est parti pour quelques mois je pense. On ne pourra pas tenir, il y a un vrai danger".

D'autant plus qu'en complément d'une éventuelle manifestation ce samedi, un autre événement à risque est prévu dans la région avec l'inauguration aujourd'hui de la très décriée autoroute A69.