"Nous sommes encerclés par les histoires de harcèlement sexuel", déplore Christiane Taubira

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Invitée de Patrick Cohen dimanche, Christiane Taubira a apporté son soutien au témoignage d'Adèle Haenel. "On ne peut pas laisser repartir neuf dixièmes des victimes de viol avec le sentiment que la justice n'est pas passée", estime l'ancienne Garde des Sceaux.
INTERVIEW

Une parole "vertueuse". Christiane Taubira, invitée dimanche de Patrick Cohen sur Europe 1, est revenue sur le témoignage d'Adèle Haenel, qui accuse le réalisateur Christophe Ruggia d'"attouchements" et de "harcèlement sexuel". L'actrice avait qualifié sa prise de parole de "cri pour les autres femmes" que la justice ignore.  

"Je ne crois pas qu'Adèle Haenel soit injuste avec la justice"

"Je ne crois pas qu'Adèle Haenel soit injuste avec la justice. Sur ce contentieux particulier, elle s'appuie sur un chiffre", a estimé l'ex garde des sceaux. "Quand on voit à quel point les femmes sont méprisées. Dans les situations de violences sexuelles, c’est un viol sur 10 qui aboutit à une condamnation en justice. Ça veut dire quoi des neuf autres ? Ça veut dire quoi de toutes ces vies en fait ?", avait interrogé l'actrice lors de son interview filmée à Médiapart. 

"Libérer les mots proscrits"

Une interrogation que l'ancienne ministre de la justice soutient. "On ne peut pas laisser repartir neuf dixièmes des victimes de viol avec le sentiment que la justice n'est pas passée", appuie-t-elle. Christiane Taubira a d'ailleurs salué l'ouverture d'une enquête préliminaire par le parquet de Paris suite au témoignage d'Adèle Haenel. "La justice n'est pas évacuée de cette affaire, mais la démarche est ailleurs. Adèle Haenel 'prend d'assaut la prison du langage pour libérer les mots proscrits'", a exprimé l'ancienne ministre, citant le poète marocain Abdellatif Laâbi. 

"Nous sommes encerclés par les histoires de harcèlement sexuel", a poursuivi Christiane Taubira, évoquant les nouvelles accusations de viol qui pèsent sur le cinéaste Roman Polanski. "On se bouche les yeux. Il faut qu'on en sorte." 

Europe 1
Par Laetitia Drevet