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«On n'a plus envie de se battre» : après les émeutes, les commerçants lyonnais se demandent s'ils pourront se relever

Certains commerçants envisagent désormais d'assurer eux-mêmes la protection de leurs magasins. [Abolfazl Salmanzadeh / Middle East Images / Middle East Images via AFP]

Une nouvelle journée de mobilisation le samedi 24 octobre a été annoncée par les Gilets jaunes, alors que les commerçants peinent déjà à se remettre des émeutes du 17 octobre. Certains se demandent même s'ils ne vont pas mettre la clé sous la porte. Illustration à Lyon.

Derrière les vitrines brisées et les magasins saccagés, il y a des commerçants qui se demandent s'ils pourront se relever. Au moins 3.000 commerces ont été dégradés ou pillés pendant les violences du week-end partout en France, dont 150 à 200 commerces à Lyon.

Alors qu'une nouvelle mobilisation est annoncée samedi 24 octobre, beaucoup redoutent désormais que cela recommence.

"Ça met en péril l'avenir de la société"

Sur la Presqu'île, une boutique de téléphonie a déjà rouvert ses portes. Pourtant, la vitrine a été fracassée et une grande partie de la marchandise dérobée. Un lourd préjudice financier de plusieurs milliers d'euros pour le gérant indépendant.

"Il y a au moins une trentaine d'appareils (qui ont été dérobés). On ne sait pas si les assurances vont prendre en charge. Ça met en péril l'activité, les emplois et l'avenir de la société. Ce n'est même pas de la colère, c'est de l'écœurement", raconte-t-il à Europe 1.

Et de poursuivre : "Pourquoi est-ce qu'on a fait tout ça pour traverser des choses pareilles ? On n'a plus envie de se battre. On ne sait pas si on va être en capacité de se relever réellement."

"J'ai peur qu'on soit livrés à nous-mêmes"

Car les commerçants redoutent aussi de nouveaux pillages. Samedi, Kelly a réussi à empêcher les casseurs de pénétrer dans sa bijouterie indépendante, mais sa vitrine n'a pas été épargnée. 

"Il y a des histoires qui circulent sur le 24 (octobre). Qu'est-ce qu'on fait ? Qu'est-ce qui va se passer ? J'aimerais bien que tout le monde apprenne de ses erreurs et que sur les prochains week-ends, ça s'organise pour protéger", réclame-t-elle.

"Mais j'ai peur que ce ne soit pas le cas et qu'on soit livrés à nous-mêmes. Je veux pouvoir me défendre, pouvoir travailler correctement et pouvoir protéger aussi mes clients", ajoute cette commerçante.

L'auto-défense désormais privilégiée

Certains commerçants envisagent désormais d'assurer eux-mêmes la protection de leurs magasins. "On va se sécuriser, on va faire les choses nous-mêmes parce qu'on n'est pas protégés. L'effet de surprise fait qu'on a mal vécu la première fois, mais là, on sera disposés. On est sur place", explique le gérant d'une boutique de téléphonie.

Le préfet du Rhône a reconduit le couvre-feu pour une deuxième nuit consécutive sur une partie de la Presqu'île de 21h à 6h ce mercredi matin.